31 octobre 2020
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Magnolia : Virtuose !

Los Angeles, où la météo fait des siennes, s'activent neuf personnages autour de leurs destins avec comme mot d'ordre : tout peut arriver et pas forcément par hasard. Paul Thomas Anderson signe, avec "Magnolia", son troisième film avec toujours ce respect pour le genre humain et ses faiblesses, ce qui est décidément le thème cher au réalisateur.

"Magnolia" commence par une série de sketchs aux apparences d'images d'archives, sur des faits divers invraisemblables qui, pour le narrateur entendu en voix off, ne peuvent être une pure coïncidence. Puis, survient le générique et l'aventure commence. Une succession de scénettes, comparables à de petites friandises dont on ne se lasse pas, coupées par le réalisateur à leurs paroxysmes, et qui confèrent aux actions une tension permanente. Cette dernière magnifiquement soutenue par la musique d'Aimy Mann (qui signe une B.O. qui sera vite indispensable), dont le fameux "Wise Up" repris par tous les personnages, comme un vidéo clip-fil rouge qui permettrait de faire un bilan de ces neufs vies.

Ainsi nous découvrons Tom Cruise en prêcheur médiatique de la virilité, Jason Robards en producteur de programme télé à l'agonie, Julianne Moore la très jeune femme du producteur par intérêt, Phillip Baker Hall un animateur télé mettant en vedette des petits génies et atteint d'un cancer, Phillip Seymour Hoffman (à retrouver dans "Personne n'est Parfait(e)" aux côtés de Robert de Niro) un infirmier dévoué, William H. Macy qui est un petit génie de l'audiovisuel devenu idiot à cause de la foudre, John C. Reilly un flic droit qui va tomber amoureux et enfin Melora Walter une jeune junkie qui porte en elle un terrible secret. Tous ces personnages ne se rencontrerons pas forcément mais prendront des décisions qui auront des effets sur les uns sur les autres.

"Magnolia" est filmé avec une virtuosité qu'on espérait pas du réalisateur de "Boogie Night" (son précédent film à la mise en scène très sage), à savoir des plans séquences magnifiques, caméra à l'épaule, une photographie qui oscille entre les chauds et les froids. Mais au fait, pourquoi "Magnolia" ? Le réalisateur évoque deux raisons : la première faisant référence au nom d'une rue à Los Angeles. La deuxième est une légende de marins qui veut qu'il y est un endroit qui se nomme Magnolia en mer, ce qui désigne une zone où des navires disparaissent et, à cette place, tombe du ciel une ancre.

Alors, matelots, méfiez vous de la météo surtout si elle est capricieuse !

Auteur :Denis Ounissi
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