19 septembre 2021
Critiques

Mal de Pierres : Madame Bovary

On peut reprocher beaucoup de choses à Marion Cotillard mais certainement pas d'avoir chômé cette année. Après "Juste la fin du monde" de Xavier Dolan, et avant "Alliés" et l'attendu "Assassin's Creed", l'oscarisée nous offre une performance (presque) à couper le sifflet dans "Mal de Pierres" (distribué par StudioCanal). Genèse d'une maladie si (mal)connue : la maladie d'amour.

Aimé, c'est ce qu'il y a de plus beau. C'est même la seule et modeste volonté de la jeune Gabrielle (Marion Cotillard), en marge des fifties qui plante le décor. Madame Bovary dans l'âme, érotomane à ses heures perdues, ses parents ne cherchent pas davantage à comprendre. Leur fille veut connaître la tendresse et la fièvre ? Grand bien lui fasse, mais qu'elle ne leur donne guère honte. Ainsi, ils casent la paumée de la famille avec José (Alex Brendemühl), brave ouvrier peu bavard et surtout peu farouche à cette union forcée. Non contente de souffrir du syndrome de Clérembault, Gabrielle a aussi des problèmes de calculs rénaux, nommés à l'époque « le mal de pierre ». Un mal qui pourrait l'empêcher d'engendrer une descendance, ce qui ne plaît guère à son époux de fortune. Envoyée contre son gré en cure, elle y rencontrera un officier mal en point interprété par le quelque peu endormi Louis Garrel.

"Mal de Pierres" est un film minutieusement construit, suivant un fidèle fil conducteur classique mais néanmoins efficace. Sans rien spoiler, le twist final, bien qu'au mécanisme usé jusqu'à l'os, renversera plus d'un spectateur. Marion Cotillard s'affiche, une fois encore, comme une véritable performeuse quoi qu'un brun too much. La retenue adoptée chez Dolan n'a cette fois-ci pas place chez Nicole Garcia, et c'est bien dommage. La faute à des scènes trop léchées, à une reconstruction précise d'une époque qui en délaisse la passion amoureuse. Un peu gênant pour une comédie sur l'envie presque meurtrière d'être aimé. Car, au fond, le générique arrivant, le spectateur connaît bien mieux la toison pubienne de madame Guillaume Canet que les réels sentiments de ce « pauvre » José.  Quoi que les plus pervers d'entre vous penseront sûrement « ce n'est pas plus mal… »

Auteure :Mélissa ChevreuilTous nos contenus sur "Mal de Pierres" Toutes les critiques de "Mélissa Chevreuil"

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