23 septembre 2019
Critiques

Malavita : La critique

"Malavita" ou un soi disant hommage au cinéma de Scorsese : ça c'est drôle ! Le résultat est un film poussif et peu inventif, dont la réalisation reste en dessous du minimum syndical.

Adaptation du roman éponyme de Tonino Benacquista, "Malavita" joue avec les codes cinématographiques de la mafia immortalisés par Coppola et Scorsese (qui est d'ailleurs crédité en tant que producteur exécutif). Reprenant la figure du pentito (malfrat repenti ayant témoigné contre son camp et bénéficiant du programme de protection des témoins), incarné ici par Robert De Niro, le film suit les Manzoni (rebaptisés Blake), famille italo-américaine planquée dans un bourg normand pour échapper à la vendetta orchestrée par un Parrain new yorkais. Alors qu'ils devraient tous faire profil bas, chaque anicroche avec un voisin offre l'occasion à un membre de la famille d'exprimer sa nature ultra violente, quitte à se faire remarquer…

Robert de Niro, en malfrat sur le retour, Michelle Pfeiffer en épouse insoumise, et Tomy Lee Jones en éternel flic impassible. La distribution très, très alléchante ne doit pas ici faire illusion, bien au contraire?: il n'y a rien à attendre de ce vaudeville aux personnages ennuyeux, au comique lourd et conventionnel. S'abrutissant au fur et à mesure de son déroulement, "Malavita" n'a finalement rien à envier aux titres les plus mornes de la filmographie de Besson. Cet asservissement aux stéréotypes les plus éculés catalogue définitivement Besson du côté des cinéastes opportunistes, plus intéressés par l'efficacité économique de leurs films que par une quelconque rigueur cinématographique. Ces raccourcis au sujet de la France et de français venant d'auteurs américains sont souvent agaçants, mais émanant d'un cinéaste hexagonal, ils sont parfaitement inacceptables.

Pas crédible ou mal amené, le film ne fait que s'écrouler. Et toutes les (nombreuses) séquences de baston sont à l'avenant. Pour un métrage sur le Milieu, ne pas maîtriser la mise en scène de la violence (de façon tragique ou comique d'ailleurs) rime avec catastrophe cinématographique. Le scénario est simplissime au possible, le film linéaire et scabreux, un spectacle en soi affligeant. Bref, un Besson. A se demander par quels moyens a-t-il convaincu de tels génies ? "Malavita" ou un cauchemar éveillé de plus de deux heures, de quoi faire de Freddy Krueger un type accommodant et délectable.

Pour conclure : un affreux ersatz sans rythme ni saveur. Une parodie violente et sans finesse des films sur la mafia. De quoi vouloir plutôt regarder à nouveau les films du genre qui ont bâti le mythe maffieux ("Les Incorrutibles", "Le Parrain", "Scarface", "Les Affranchis", "Heat", "Casino", "Il étais une fois en Amérique") que cet étron cinématographique !
Auteur :Nicolas Vasseur
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