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Man Of Steel : Jubilatoire !

Il y a donc une vie après le "Superman" de Richard Donner interprété par Christopher Reeve.

Archétype du film de super-héros depuis sa sortie il y a déjà trente cinq ans, ce classique de la science fiction a longtemps empêché le personnage de prendre son envol dans de nouvelles aventures autres que télévisées ("Loïs et Clark", "Smalville").

Si Bryan Singer s'y était attelé en 2006 avec le raté "Superman returns", le héros emblématique de l'écurie DC Comics restait depuis sur une voie de garage en attendant qu'un réalisateur chevronné doté d'une véritable vision capable de transcender un mythe qui commençait à prendre la poussière, ne prenne le taureau par les cornes et use des nouvelles technologies pour plonger Superman dans un univers digne de ses pouvoirs et de son histoire.

La relecture du mythique super-héros aura donc été confiée dans un premier temps aux bons soins de Christopher Nolan et de Davis S, Goyer, qui, auréolés de leur travail sur l'autre personnage phare de DC Comics, Batman, semblaient être les personnes idoines pour permettre un retour sans accrocs de l'homme d'acier.

En repartant aux sources et en replaçant au centre du récit, la véritable identité de Superman, Kal-El, en donnant de la chair et de la substance à ses origines, à son atavisme, en faisant de son père Jor-El,  la figure tutélaire et morale de la planète Krypton, mais aussi en remettant la condition d'extra-terrestre de Kal-El en perspective dans tout le déroulé de l'histoire qui nous est racontée, l'angle choisi par les scénaristes permet de suite une immersion totale dans un univers à la fois connu et totalement réinventé.

Le postulat de départ nous plonge d'emblée dans une planète Krypton qui avec ses airs apocalyptique nous colle la première d'une longue série de claques visuelles toutes plus impressionnantes les unes que les autres. Lors de cette première partie, la 3D sublime une planète Krypton  plongée pourtant dans le chaos et qui, mise à feu et à sang dans ses derniers soubresauts, révèle une stupéfiante beauté plastique.

En choisissant de confier la réalisation de "Man Of Steel" à Zack Snyder, la Warner ne s'est pas trompée car le bonhomme est vraiment très doué et il en fait la preuve dès ce prologue en proposant des images à l'esthétique léchée et proprement ahurissante.

Il avait déjà fait montre de ses qualités notamment dans le splendide "Watchmen" et, avec plus de réserves, sur "300", mais là il monte d'un cran dans la qualité des images proposées. Ce prologue c'est aussi l'occasion pour Russell Crowe d'imposer son Jor-El comme un véritable guerrier auquel il donne un souffle et une personnalité intense, bien loin de l'interprétation de Brando dans le film de Donner.

La suite est à l'avenant, le film ne manquant pas d'idées, en choisissant notamment une narration éclatée, faite d'allers retours entre l'enfance du héros et son présent, de son enfance terrienne à l'affirmation de son identité sans douter de sa condition de demi-dieu qui effraye les terriens. Ces derniers le regardent avec une peur teintée de scepticisme ce qui permet un angle nouveau et très intéressant du personnage dont toutes les composantes sont abordées au cours des 2H20 que dure le film.

Alors le film n'est pas parfait c'est sur, il manque singulièrement d'humour et se prend parfois très, trop, au sérieux privilégiant à certains moments à une action brute et un découpage ultra cut difficilement lisible à une émotion que le montage semble avoir sacrifiée, notamment avec le personnage interprété par Kevin Costner (tout simplement bluffant et pétri d'humanité et qu'on n'avait pas vu aussi juste depuis des années).

Cependant, le film surmonte les différents écueils qu'il rencontre avec maestria. Même le personnage de Zod interprété par un bon Michael Shannon mais qui frôle l'hystérie est un bad guy fascinant.

En fait, "Man Of Steel" réussi parfaitement toute sa galerie de personnages, de Loïs Lane (Amy Adams) à Perry White (Laurence Fishburne), de Jonathan et Martha Kent (Kevin Costner et Diane Lane) aux officiers militaires (qui échappent à une caricature trop appuyée, notamment grâce à l'interprétation de l'excellent Christopher Meloni tout droit sorti de "New-York Unité Spéciale").

Au delà de tous ces constats il est bon également de voir que Henry Cavill, dont le choix avait fait de nombreux sceptiques, est vraiment excellent et déploie une palette de jeu variée et surprenante. Il est aidé par la volonté de Zack Snyder d'iconiser son héros au maximum, jusqu'à donner l'impression que les planches du comics s'animent sous nos yeux.

Impression renforcée surtout avec ce dernier acte absolument fou où s'enchainent des séquences de combat et de destruction massive colossale qui nous laissent groggy dans notre fauteuil.

La toute puissance de Superman y est démontrée par un Zack Snyder qui déploie une science de la mise en scène de plus en plus mure et affirmée par des effets visuels impressionnants. Toute cette dernière partie est clairement l'une des plus étourdissante vue depuis longtemps au cinéma.

Elle fait de "Man Of Steel" une œuvre jubilatoire par bien des côtés, enrobée de la musique inspirée de Hans Zimmer. Une claque qui sera suivie d'effets, à n'en pas douter.

Auteur :Fred Teper
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