25 septembre 2020
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Man On Fire : Quelle énergie !

Critique de Man on Fire

par Frédérick Lanoy


Jadis tâcheron de l'écurie Jerry Bruckeimer (coupable entre autres de Top gun et Jours de tonnerre quand même...) Tony Scott semble se bonifier de films en films. Après un "Spy game" ambitieux et visuellement soigné, "Man on fire" confirme la tendance et ce même si sur le papier les choses ne sont d'emblée guère excitantes.

Machine à tuer devenue alcoolo et amère, Creasy (Denzel Washington, barbu car triste) est fâché avec l'existence quand son ami de toujours (Christopher Walken, rasé donc heureux) lui propose un job en apparence facile : protéger la fille d'une famille riche de Mexico.

Evidemment, la ch'tite gamine lui redonnera goût à la vie juste au moment où des méchants (barbus eux aussi mais ça n'a rien avoir) viennent troubler la sieste du spectateur. Si la vengeance est un plat qui se mange froid, Creasy se révèle un justicier au sang chaud. Après presque 50 minutes, "Man on fire" peut enfin commencer.

Développant au passage de nombreux points communs avec une autre odyssée vengeresse signée Tony Scott (le sous-estimé "Revenge") "Man on fire" joue à fond la carte de l'esbroufe visuelle.

Conscient de la faiblesse de son matériau de départ, Scott l'emballe de la plus belle façon possible : photo hyper travaillée et inspirée d'un certain "Traffic", scènes d'action soignées et spectaculaires, montage quasi expérimental qui donne une dimension monstrueuse à certains moments (12 caméras filment Denzel Washington sortir d'une voiture et fermé la portière...).

Cette débauche d'énergie énervera sûrement les septiques qui y verront une tentative désespérée de masquer un intrigue on ne peut plus conventionnelle. Pourtant, difficile de nier l'efficacité qui se dégage de l'ensemble et qui culmine lors d'une scène nocturne hallucinante où Creasy s'aventure dans une boite de nuit armé d'un fusils de chasse...

Si l'on ajoute à cela des acteurs qui sonnent juste et un final poignant, on n'est plus très loin de la vraie réussite. Même dans les scènes intimistes, Scott vise juste. Il faut dire qu'il est aidé par un Denzel Washington impliqué et une pléiade de solides seconds rôles où dominent Christopher Walken et le trop rare Mickey Rourke.

Au final, si "Man on fire" peut laisser perplexe par une durée excessive (presque 2 heures trente) et une apologie de la violence pleinement assumée, il n'en demeure pas moins infiniment supérieur à la moyenne des films sortant des grosses usines hollywoodiennes.

Avec le temps, Tony Scott devient un réalisateur de plus en plus intéressant en imposant un style sans cesse plus affirmé. On attend son prochain film, "Domino", avec impatience. Ce sera à nouveau une sombre histoire de vengeance avec cette fois-ci Mickey Rourke au premier plan. 

Auteur :Frédérick Lanoy
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