5 décembre 2020
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Man On Fire : Trop tapageur

Critique de Man on Fire

par Fabien Rousseau

Après "USS Alabama", en 1995, Tony Scott retrouve Denzel Washington pour une adaptation de L'homme de feu, le roman de A.J. Quinnell inspiré par des faits réels et mettant en scène l'ex-agent de la CIA, John Creasy également présent dans trois autres livres du même auteur.

"Man On Fire" avait connu une première version signée Elie Chouraqui en 1987 avec Scott Glenn dans le rôle principal.

Le postulat de départ résulte d'un constat pessimiste : la ville de Mexico est présentée comme le fief de la corruption et le théâtre de fréquents enlèvements avec rançon à la clé. Dans ce contexte, Creasy propose ses services à une riche famille pour assurer la protection de leur fille, Pita.

La première partie expose les personnages en abordant l'amitié de longue date entre Creasy et Rayburn puis en développant la relation entre le garde du corps et sa protégée où la figure paternelle fait peu à peu surface.

Creasy apparaît d'abord comme un homme inflexible, insensible dont la plus grande faiblesse se reflète dans une bouteille de whisky. Il est mal à l'aise devant cette petite fille qui veut devenir à tout prix son amie.

C'est dans ces scènes intimistes que Denzel Washington démontre toute l'intériorité de son jeu avec la classe qu'on lui connaît face à la très jeune Dakota Fanning, impressionnante de maturité.

Puis survient la seconde partie plongée dans une atmosphère moite où Tony Scott fait ressortir ses complexes d'esthète clippeur dans une mise en scène de la vengeance qui cumule un bon catalogue d'effets de style : photo granuleuse, couleurs saturées, image délavée ou dédoublée, cadrages instables et montage frénétique voire épileptique. Tout le répertoire de l'expérimental y passe.

Est-ce pour traduire l'état d'esprit embrouillé du héros ? En tout cas, ces flashs interminables finissent par fatiguer la rétine. De plus, certaines scènes d'une violence inouïe sont à déconseiller aux âmes sensibles car rien n'est épargné.

Si Denzel Washington domine par la force des choses, le comédien est soutenu par de solides pointures comme le grand Christopher Walken, le rarissime Mickey Rourke, Rachel Ticotin ("Total Recall") et Giancarlo Giannini ("Hannibal").

"Man On Fire" aurait pu être un film intéressant car si le scénario s'amorce plutôt bien, il est plombé par la suite par beaucoup trop d'effets tapageurs. Même ce personnage d'homme d'action aurait gagné en densité si l'histoire avait levé le voile sur son passé qui restera une énigme.

On peut aussi se demander pourquoi Tony Scott n'a pas continué à garder sa ligne de conduite depuis le milieu des années 90 avec des réalisations réussies comme "Ennemi d'état" ou "Spygame".

Espérons qu'il redeviendra plus raisonnable en suivant l'exemple de son talentueux grand frère Ridley.


Auteur :Fabien Rousseau Publiée avec l'aimable autorisation de la rédaction des Héros de l'Ecran
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