12 décembre 2019
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Matrix Revolutions : Vertiges du néant

Finalement, au terme d'un éprouvant "Matrix Revolutions" mettant un point final à la trilogie Matrix, le spectateur enregistre la confirmation de ce que les plus lucides d'entre nous subodoraient depuis le début : "Matrix" est une coquille vide, un aller sans retour pour le néant, un divertissement roué maquillé en fable new age prétentieuse.

Comment pouvait-il en être autrement avec, déjà, un deuxième épisode insipide et interminable dont les élucubrations pseudo-philosophiques ne passionnaient que les simples d'esprit.

Finalement, hormis l'intérêt non négligeable du tiroir-caisse, les frères Wachowski auraient mieux fait d'en rester au premier "Matrix" où affleurait encore une esquisse de réflexion sur les frontières floues entre réel et virtuel. La révolution du dernier chapitre est limpide : circulez, il n'y a rien à voir.

Tout au moins rien à comprendre car, rayon déluge visuel, les cinéastes sortent la grosse artillerie. La bataille de Zion avec les machines occupent un tiers du film et confine à l'hallucination sensorielle où les explosions en tous genres et une "pluie d'acier" tiennent lieu de mise en scène.

Tel un jeu vidéo en mode automatique, les affrontements s'épuisent d'eux-mêmes après nous avoir sévèrement mis à mal les pupilles, dilatées par un magma déliquescent qui n'arrive pas à la cheville de Aliens lorsque James Cameron filmait le combat, autrement plus passionnant, des hommes et des machines.

Un écran de fumée guerrier qui ne doit pas occulter la pauvreté de la mise en scène des nouveaux gourous d'Hollywood, véritables baudruches inféodées aux lois du marketing dont ils maîtrisent à merveille les arcanes.

Même ce qui devait être le sommet de cette saga, l'ultime affrontement titanesque entre Neo et l'agent Smith pour savoir (quel suspense !) si le bien l'emportera sur le mal, se révèle dénué d'intensité tant les deux premiers "Matrix" avaient déjà épuisé la formule du coup de poing galactique.

Seul la savoureuse séquence avec Mérovingien (croustillant Lambert Wilson) parvient à nous arracher un sourire salvateur au milieu d'une fable pathétique à force de se prendre au sérieux et dont le message philosophique clignote ostensiblement lors de chaque scène entre Neo et Trinity : l'amour est plus fort que la mort !

"Où cela mène-t-il ?" demande Neo à un Oracle dont les réponses travesties en questions deviennent presque comiques par l'absurde. Le spectateur perplexe est aussi en droit de s'interroger sauf que depuis un bon moment, il se contrefout royalement du devenir de cette humanité dont l'avenir tient dans les mains d'un adepte du kung fu recherchant la paix intérieure.

Une étrange figure messianique…

Auteur :Patrick Beaumont

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