2 décembre 2020
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Mauvaise Passe : Le temps de la maturité

Le cinéma français n'en a pas fini avec les comédies de moeurs, mais à la différence que le film de Michel Blanc se pose les grandes questions du moment : "mais qu'ai-je donc fait de ma vie ?" et "où va me mener ce train de vie ?" ou encore "suis-je vraiment à ma place ?". Autant de questions que se pose le héros de "Mauvaise Passe (distribué par Pathé Films) incarné par un Daniel Auteuil aux allures d'un De Niro sur le retour.

Auteuil se retrouve à Londres et il passe quotidiennement pour un touriste français en week end, sauf que lui n'est ni un touriste, ni en week-end. Il fuit une vie dont il ne veut plus. Son prétexte tourne autour d'un roman qu'il aimerait écrire au sujet d'un professeur de français parisien qui plaque tout pour vivre des choses qui lui rappelle qu'il est un être vivant capable de choix. Des choix, il va devoir en faire lors qu'il rencontrera un tenancier de café qui mène une double vie, barman/escort. Les escorts sont cette nouvelle race de gigolo de luxe, une manière polie de ne pas dire prostitué !

Michel Blanc emprunte le même chemin que Lars Von Trier en filmant la vie sociale anglaise caméra à l'épaule. Son récit filmique est parsemé de dialogues qui font mouche mais, attention, on est loin des réflexions de "Fight Club" de David Fincher. il y a toujours ce ton de légèreté même si parfois on atteint le grave. Toutefois, cette intention est bien plus que louable à la vue des récentes réalisations dans notre cher hexagone. Il y a un petit rappel de "Grosse Fatigue" dans sa manière de traiter le sujet, qui signait sa rupture avec le reste de l'équipe du Splendid.

De plus la distribution franco-britannique de ce film apporte deux aspects intéressants : le premier a le mérite de nous faire découvrir un casting talentueux et un Daniel Auteuil confirmé en acteur caméléon (une rareté française !). La seconde est d'avoir dû tourner en anglais ce qui ouvre des possibilités de distribution que Luc Besson avait compris avant toute l'Académie Française du cinéma qui ne jure que par le misérabilisme ou le crétinisme (attendez "Les Visiteurs 3" et vous verrez les deux à la fois).

Michel Blanc confirme un réel talent de réalisateur avec une photographie qui lui devient propre et reconnaissable entre toutes. Si seulement d'autres acteurs/réalisateurs pouvaient avoir son talent et sa maturité...
Auteur :Denis Ounissi
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