21 janvier 2021
Critiques

Médecin de nuit : Une nuit pour changer de vie

Par Alexa Bouhelier Ruelle


Après "Diamant Noir" (2015) d’Arthur Harari sur le milieu équivoque des diamantaires d’Anvers, et "La Nuit venue" (2020) de Frédéric Farrucci, sur la mafia chinoise à Paris, Vincent Macaigne, récemment à l’affiche du dernier Mouret ('Les choses qu’on dit, les choses qu’on fait"), interprète ici un médecin de nuit. L’acteur y incarne le parfait anti-héros, dans ce nouveau film d’Elie Wajeman, qui reprend les codes des films néo-noir à la Française.

Elie Wajeman faisant partie des réalisateurs qui auraient dû présenter leur film cette année au Festival de Cannes. En raison de la pandémie, "Médecin de nuit" a reçu le label “Cannes 2020” en attendant sa sortie en salle que l’on espère très prochainement (vraisemblablement le 20 janvier prochain).

Le médecin de nuit de Vincent Macaigne soigne des patients de quartiers difficiles de Paris, mais aussi ceux que personne ne veut voir : les toxicomanes. Tiraillé entre sa femme, ses filles, et sa maîtresse sous les traits de Sara Giraudeau, il est entraîné par son cousin pharmacien, Pio Marmaï, dans un dangereux trafic de fausses ordonnances de Subutex. Ajoutez à cela un mystérieux dealer venu des pays de l’est : il est facile d’en venir à la conclusion que la vie de Mikael ressemble fortement à un inextricable chaos. Il n’a plus le choix : cette nuit, il doit reprendre à tout prix sa vie en main, pour changer son destin.

"Médecin de nuit" déploie les outils d'une véritable tragédie dans un environnement réaliste, c’est-à-dire le monde en marge des toxicomanes des XVIIIe et XIXe arrondissements de la capitale. Dans ce drame nocturne, ce médecin joue avec le feu dans tous les sens du terme. Une veste en cuir noire sur les épaules, une sacoche à la main, Vincent Macaigne prête sa dégaine à ce personnage ambigu plongé en plein cœur du nord-est parisien. Et cela, avec un brio et un charisme devenu maintenant bien trop rare dans le cinéma français actuel.

Entre deux ordonnances, le spectateur se retrouve plongé dans un Paris trop souvent oublié, où la pauvreté n’est jamais stigmatisée ou utilisée de façon détournée. Dans ce dédale de rues parisiennes, Elie Wajeman met en scène les sentiments de son personnage principal à travers des scènes diamétralement opposées. Une déstructuration qui est à l’image de cet homme qui risque de tout perdre et qui est tiraillé de toute part. Sous l’égide de son réalisateur, Vincent Macaigne nous prend par la main dans cette course contre la montre pour changer de vie.


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