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Mensonges et Trahisons : Les affreux de la création

Après lecture du roman de Raphaël (Edouard Baer, finalement assez sobre), Claire (Alice Taglioni), son amour d'autrefois qu'il tente de reconquérir, lui avoue qu'elle trouve cela seulement sympa. C'est exactement ce qu'est "Mensonges et Trahisons", un film sympathique.

Réalisé par un ancien de Studio magazine, Laurent Tirard, sans donner dans le génie (on est loin de Woody Allen, sa principale référence), fait largement mieux que Klifa et Esposito (faire pire aurait constitué un exploit…). "Mensonges et Trahisons" est avant tout un film de scénariste, très bien construit qui ne souffre d'aucunes baisses de rythme. Une comédie populaire jamais vulgaire (une rareté dans le cinéma français) qui alterne les séquences très drôles et d'autres plus émouvantes, jouant sur les flash-backs vécues (la scène avec le sanglier, presque d'anthologie) ou les scènes imaginaires qui se déroulent au Moyen-Age ou à la préhistoire.

L'enjeu du film est simple: Raphaël, nègre de son état pour starlettes douteuses et autres personnalités sans importance, va devoir puiser en lui et user de toute sa sincérité afin de devenir un vrai romancier digne de ce nom. « Aller droit au but ! » comme le dit Kevin (l'impressionnant et toujours formidable Clovis Cornillac qui enchaîne les films avec un égal bonheur…), le joueur de football dont il écrit actuellement la biographie. On voit là un sujet assez autobiographique pour Laurent Tirard, scénariste de télévision et script doctor à ses heures perdues. Il est ce que l'on appelle un technicien du scénario, capable d'écrire au kilomètres sur n'importe qu'elle sujet. Le risque est de devenir comme le dit Raphaël « une machine à pisser de la copie » et lorsqu'il s'agit d'écrire vraiment, le blocage est assuré.

Oublier la gloire, l'argent, faire ce qu'on l'on aime vraiment, tel est le gentil message du film. Un problème néanmoins mais qui est tout à fait personnelle. Le deuxième enjeu du film pour Raphaël est de choisir entre Claire et Muriel. Entre la sublime Marie-José Croze et Alice Taglioni (assez insupportable), il me semble qu'il n'y a vraiment pas photo mais bon, le trio est une figure imposée pour tout scénariste. Laurent Tirard n'invente rien mais s'en sort pas mal avec quelques facilités, des clichés, mais de l'élégance et beaucoup d'humour.

Un petit film sympa donc.

Auteur :Christophe Roussel
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