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Mercredi, folle journée ! : La critique du film

C'est mercredi, le jour où les enfants se libèrent de toute obligation scolaire pour courir vaquer à toutes leurs autres occupations : activités musicales, pratiques sportives ou jeux avec les copains et copines. Pour les parents, c'est plutôt l'enfer. Les bambins ne sont pas à l'école et il faut jongler avec les emplois du temps, les conduire d'un côté sur l'autre et les avoir à l'oeil toute la journée.

Si, dans "Mercredi, folle journée", Martin Socoa; agent immobilier débordé et joueur invétéré, n'a d'habitude pas ce genre de problème, il doit pourtant, ce mercredi-là, récupérer sa fille qu'il ne voit presque plus depuis son divorce. Vitalie, de son côté, est contrainte de laisser ses enfants sans surveillance pour voler au secours de sa soeur, incorrigible kleptomane. Marie part avec sa fille pour un congrès militaire et un casting de publicité à Bordeaux tandis que Muriel, Colette, Bruno et Henry larguent les amarres pour une escapade champêtre à bord d'un petit caboteur sans songer à prévenir quiconque.

Après de nombreuses aventures rocambolesques et autres péripéties tragiques ou (plus souvent) désopilantes, ce mercredi de folie s'achèvera pour tous ses protagonistes (et bien d'autres) dans le commissariat du commissaire Pelloutier.

On le devine aisément, "Mercredi, folle journée" est d'abord un film sur les enfants. Sages ou turbulents, responsables ou inconscients, jeunes ou plus âgés, ce sont eux les véritables moteurs de cette journée pas ordinaire. Pascal Thomas, a qui l'on avait pourtant conseillé à ses débuts de "ne pas tourner avec des enfants" et "d'éviter le nombre", n'est apparemment pas rebuté par la difficulté puisque son film fourmille de personnages  (dont un grand nombre d'enfants) et de rebondissements.

Derrière l'histoire des bambins, il peint un tableau plus large de la société française à travers les différents parents qu'il fait défiler devant sa caméra : instituteur un peu anarchiste, brocanteur partisan de la méthode forte, bourgeois inquiets, militaire enceinte, dealer sans scrupule ou joueur irresponsable…

Nourri des expériences et des propositions de chacun, ce film-puzzle retranscrit à merveille le foisonnement et la diversité de l'enfance. Rares sont les moment où les adultes se retrouvent seuls à l'image; dans Mercredi, folle journée !, les enfants sont partout.

Pas niais ou simpliste pour autant, "Mercredi, folle journée" est aussi à l'image de la vie, tantôt triste, tantôt gai : une mère qui s'en va ("Sa voix s'est perdue…" explique avec candeur sa petite fille) et un bébé qui naît (incroyable scène d'accouchement, Pascal Thomas balaie les spectateurs de sa caméra, saisit les phrases au vol et on se retrouve soudain assis à côté d'eux).

En laissant une certaine liberté à ses interprètes, Pascal Thomas capte avec une justesse impressionnante la diversité et le chatoiement de ce mercredi particulier. Rien n'est de trop, chaque scène recèle un vrai moment d'humanité que le réalisateur a l'intelligence de susciter plutôt que de le fabriquer. Une très belle surprise à conseiller aux parents comme aux enfants.

Auteur :Guillaume Branquart
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