16 décembre 2019
Critiques

Meurs, monstre, meurs : La critique du film

Critique du film Meurs, monstre, meurs

par Eliran Cohen


Présenté l’année dernière au Festival de Cannes dans la sélection « Un certain regard », "Meurs, monstre, meurs" arrive cette semaine dans les salles françaises. Si le film d’Alejandro Fadel se veut être un triller horrifique malsain, il sonne plutôt vide et creux.

Les premières minutes sont idéales : On y voit une femme la gorge tranchée succombant à ses blessures à coté d’un troupeaux de montons. S’ensuit des plans larges sur le décor montagneux qui va occuper tout le film et la police qui découvre le meurtre.

En ces temps ou le cinéma d’horreur lorgne depuis des années sur des films post-exorciste et des slasher, voire une proposition horrifique qui lorgne vers le glauque et une atmosphère pesante, cela fait plaisir. Or Alejandro Fadel va vite faire dérailler ce postulat.

"Meurs, monstre, meurs" raconte l’histoire d’une chronique meurtrière qui sévit dans une région reculée de la Cordillère des Andes, ou plusieurs victimes sont retrouver décapité. Cruz un officier de la police rurale mène l’enquête et va vite s’apercevoir que c’est bien un monstre qui est à l’origine de ces meurtres.

Qu’on se le dise tout de suite : le film d’Alejandro Fadel, regorge d’idées. Plastiquement, "Meurs, monstre, meurs" est magnifique. Le cinéaste argentin composent des plans remarquables bien aidé par une photographie très vive, qui permet de donner une saveur inquiétante au décor du film.

Le travail sur le son est aussi stupéfiant, ce qui est assez rare dans la production horrifique actuelle. Mais si tout cela est réjouissant, la mise en scène d’Alejandro Fadel plombe "Meurs, monstre, meurs". Car, à force de rajouter trop de distances dans cette histoire, "Meurs, monstre, meurs" est complètement vidé de sa substance.


Un film de monstre ôté de toute émotion
Malgré un début alléchant on ne rentre jamais dans cette histoire tortueuse. Alejandro n’arrive jamais a insufflé de la vie et surtout de l’émotion ce qui pose un énorme problème avec le personnage principal.

En effet, incarné par Victor Lopez, on ne s’attache jamais aux péripéties de ce personnage et à ses déboires. Toute l’atmosphère horrifique de "Meurs, monstre, meurs" est donc anéanti sous le prisme d’un ennui copieux et d’une écriture bâclée. Le cinéaste argentin ne sait donc plus quoi faire de son film et on ne comprend pas ou il veut en venir au niveau de ses thématiques.

Ce qui en résulte d’un final qui se voudrait oppressant et haletant mais qui reste dénué d’intérêt et vire même dans un grotesque assez embarrassant. La révélation finale qui semble tragique ne procure alors aucune émotion, ce qui est problématique dans ce genre de film.

Ajouter à cela une direction d’acteurs complètement insipide qui plombe encore plus le film. "Meurs monstre meurs" est tout simplement la preuve que pour réussir un film de genre, créer des belles images ne suffit pas.


Tous nos contenus sur "Meurs, montre, meurs"
Toutes les critiques de "Eliran Cohen"

ça peut vous interesser

Frankenstein Junior : La folle histoire du monstre

Rédaction

Terminator de James Cameron : Know Future

Rédaction

Brad Pitt en astronaute dans Ad Astra

Rédaction