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Meurs un autre jour : Live and let die

Les recettes changent peu mais se déclinent à volonté. Prenez un agent secret et dopez le au cocktail magique: action, humour, séduction. Secouez en prenant garde de ne pas remuer, cela vous donne un James toujours aussi Bondissant loin de vous laisser de glace.

Chose surprenante, notre héros revient à ses premières amours dans un contexte de guerre froide entre les deux Corée. Deux visions du monde s'affrontent, celle d'un régime politique jugé archaïque selon les uns face à "l'hypocrisie occidentale" selon les autres. C'est tout ce que l'intrigue concède au passé car la complexité du monde présenté nous ramène vite au XXIème siècle si propice à la prolifération d'armes ultra-sophistiquées de destruction massive.

Mais les méchants ne sont pas toujours ceux qu'on croient. C'est là que ce dernier volet anniversaire de la série atteint sa cible. Dès le générique, il s'inscrit dans la modernité. L'histoire est solide, complexe et pleine de surprises. 007 connaît la défaite, l'humiliation, la déchéance, fume le cigare et "côté foie, ce n'est pas brillant." Il apparaît un peu plus humain bien que "toujours aussi infatigable." Le Commandeur parcours le globe à la poursuite de ses ennemis. "Il est peut-être temps de me laisser faire mon travail comme je l'entends", clame-t-il. Ses motivations ne sont plus aussi simples et dépassent le cadre des misions d'espionnage au service de Sa Majesté.

Pierce Brosnan est parfait et s'attirera encore les faveurs du public au détriment de Sean Connery. La lutte pour la postérité semble ardue. Il donne la réplique à de bons seconds rôles. Halle Berry endosse le bikini de James Bond Girl avec brio et l'interprétation de Toby Stephens, alias Gustav Graves est très convaincante. On pourra regretter quelques effets spéciaux disgracieux et certains excès. En effet, outre les "joujoux" habituels, Bond doit aussi composer avec une voiture dont les fonctions dépassent parfois l'entendement.. Mais les trouvailles sont au rendez-vous, comme le maquillage de Zao (Rick Yune) qui nous rappelle si bien que Les diamants sont éternels.

Meurs un autre jour est résolument moderne, un zeste décalé, rythmé et séduisant. En 007 secondes, c'est un Bond divertissement.

Auteur : Olivier Bruaux
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