12 juillet 2020
Archives Critiques

Micmacs à tire-larigot : Bof !

"Micmacs à tire-larigot" (distribué par Warner Bros. France) est le nouveau film de Jean-Pierre Jeunet et vous ne pouvez pas le rater. Son héros, un certain Dany Boon, non plus ! On ne voit qu'eux, ils sont de tous les plateaux télé, les affiches sont immanquables, et les articles se multiplient. Il faut dire que le « nouveau film » de Dany Boon ne passe plus inaperçu depuis un certain succès « régional ». Et quand, en plus, il s'avère être le nouveau film de Jean-Pierre Jeunet, réalisateur d'"Amélie Poulain" et autre "Cité des Enfants Perdus", la presse s'enflamme...

Décryptons ! D'abord il y a l'histoire. Celle de Bazil, petit bonhomme sans histoire, si ce n'est celle du Grand Sommeil, qu'il regarde en boucle, en « jouant » Bogart. Sa vie tranquille va basculer d'un tir. Celui qui amène une balle dans sa tête. Un projectile indélogeable, sous peine de finir en légume. Un intrus qui crée pour notre pauvre héros des « bugs » cérébraux, une épée de Damoclès... Revoilà l'histoire éternelle de l'alliance des petits contre les grands, de l'ingéniosité et de la solidarité contre le cynisme marchand. Les gentils sont sympas, les méchants trop méchants... Bref, rien de nouveau, pour un scénario qui s'essouffle vite devant tant de gentillesse, on regrette l'absence de "Délicatessen" dans cette histoire. Ce qui tient l'intérêt du spectateur, ce sont les personnages en truculence et en fantaisie bien que trop peu exploités.

Les acteurs étaient pourtant à la hauteur de nos attentes, et du défi, avec une mention spéciale à Jean-Pierre Marielle (Placard), Julie Ferrier (Caoutchouc) et Omar Sy (Remington). Dany Boon, lui, retrouve le burlesque avec plaisir. Si son rôle est finalement l'un des moins intéressants de la bande, il retrouve avec un plaisir évident le burlesque, et il y a longtemps qu'on n'avait pu dire qu'il livrait à l'écran une bonne performance... Malheureusement des bons acteurs et des bons personnages ne font pas tout. Car le tout en question, ce serait peut-être l'aspect esthétique du film. Filtres jaunes à gogo (Jeunet écoule son stock depuis "Amélie Poulain"), mise en scène « à la Chaplin », et décors adoucis, comme filmés à travers de la gaze : le film ne dépare pas dans la filmographie de Jeunet. Et c'est peut-être aussi positif que négatif... Car si les fans devraient apprécier inconditionnellement, on peut rester sceptique devant cette volonté d'auto-citation, certes magistrale, mais parfois nettement « trop ».

Finalement le mélange entre le « film d'auteur devenu moins auteur » et le « comédien grand public », ne nous satisfait pas totalement, mais apporte un divertissement de qualité, dans lequel on trouve toujours un petit quelque chose à aimer...

Auteure :Fadette Drouard
Tous nos contenus sur "Micmacs à tire-larigot" Toutes les critiques de "Fadette Drouard"

ça peut vous interesser

Concours Bluray : Le cas Richard Jewell

Rédaction

La Bonne Epouse : Quand les femmes rendent leur tablier

Rédaction

Police : Omar Sy en flic

Rédaction