18 septembre 2019
Critiques

Midsommar : Pas le grand film annoncé

La critique du film Midsommar

Par David Mauqui

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"Midsommar" ou quatre amis qui s’embarquent pour la Suède avec un copain du coin en vue de célébrer les fêtes du solstice dans une communauté. La copine de l’un d’entre eux recouvre du trauma du meurtre-suicide de ses parents et de sa sœur. Arrivé sur place, ils prennent des champignons hallucinogènes.

Avec un pitch aussi visité que la tour Eiffel et le mont Saint-Michel confondus et une classification dans le genre horreur-épouvante (ce qui est aussi le cas d’un film au titre très proche, "Midsummer" sorti en 2003), on pouvait être intrigué par l’affiche aux tons colorés et une bande-annonce hallucinée qui contrastent avec l’ambiance nocturne généralement utilisée pour traiter ce genre. Passé cet éveil au milieu de la sieste estivale, que va-t’il rester de "Midsommar" après coup ?

Effectivement, il y a une bonne distribution, les dialogues ne sont pas trop mal écrits et le montage onirique installe une ambiance plus proche du merveilleux, empruntant autant son esthétique à Jodorowsky qu’à un clip de Björk produit par Michel Gondry. Pourtant, malgré un soin porté à l’image, on ne peut s’empêcher de songer à "The Wicker Man" de Robin Hardy, sorti quarante-cinq ans plus tôt et chaque événement se produit avec autant de surprise que l’arrivée d’un train en gare de la Ciotat.

Au final, on ne sait plus trop de quoi on veut nous parler. Le thème du deuil qui fonde le personnage principal reste complètement anecdotique, les scènes les plus graphiques peuvent faire rire plus qu’elles ne choquent et on se surprendra à consulter sa montre à plusieurs reprises car rien ne semble justifier 150 minutes pour une intrigue qui prend d’habitude 90 minutes au maximum. À force d’allonger la sauce, elle finit par perdre complètement sa saveur et son goût. Reste la musique aux accents païens, mais là encore, je préférerais largement un concert en plein air avec possibilité d’aller à la buvette que d’être vissé à un siège dans le noir pour regarder des jeunes filles avec des fleurs dans les cheveux s’ébattre au soleil.

Les amateurs de belle image considéreront ce produit comme la nouvelle merveille depuis "Driver", mais les cinéphiles jugeront avec un peu plus de modération. Les plus prudents attendront sans doute la sortie en support disque qui est déjà annoncée en director’s cut. Souhaitons que les ajouts soient suffisamment pertinents pour donner une raison d’exister à ce film...

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