22 septembre 2019
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Minority Report : Les fans de S-F seront ravis

Peut on choisir son destin ? Telle est la grande question que Spielberg tente inlassablement de résoudre dans "Minority Report". Sommes nous prédestinés à accomplir l'acte ? Le cinéaste nous présente donc un film aux prétentions purement philosophiques, mais aussi purement imaginaires. Une synthèse de "Total Recall", de "Matrix" et de "Strange Days", pour les ressemblances les plus frappantes, le tout se déroulant dans une Métropolis digne de ce nom.

Des créatures omniscientes aident ces policiers du futur, "pré-cognitives", oui, mais cultivées. Prisonnières de leur propres visions, torturées par les meurtres qu'elles vivent, mais aussi torturées dans le monde physique, par des multitudes de câbles maintenant le cerveau en éveil, tandis que le corps demeure sous sédatif.

Une conception Dickienne domine dans "Minority Report", que l'on trouve par ailleurs chez Huxley, d'êtres fragiles, n'ayant dans leur tête que le malheur du monde ; mais suprêmes à la fois, vénérées par tous dans un "temple" sacré, qui est également le lieu de travail de John Anderton.

Dans "Minority Report", on découvre un concept du futur qui n'est pas sans rappeler Matrix sans pour autant avec l'obligation de faire passer les idées par les dialogues ; les images parlent par elles-mêmes, le réalisateur en est conscient. Spielberg surprend en détournant le(s) fil(s) conducteur(s) de son récit.

A la manière d'un kaléidoscope, il décide de nous montrer une face... et puis non, je vous montre celle-ci, etc. Et ça marche, cela tient la route. Le dernier Spielberg fonctionne à merveille. Le spectateur est sur le qui-vive constamment. On aura beau dire que c'était quand même prévisible, mais peu importe : l'engrenage fonctionne. On aura beau penser au pillage de "Strange Days" (le concept du souvenir pouvant être enregistré, stocké); on pardonne, c'est à bon escient.

Quant aux acteurs, on aura beau essayé, l'intrigue les éclipse et leur fait de l'ombre durant tout le film. En effet, on se souviendra de l'histoire, mais les acteurs resteront un peu flous dans nos têtes, comme un nouveau "Blade Runner" où il n'y aurait pas de place pour de performances d'acteur.

A une exception près : non pas Tom Cruise cette fois, mais plutôt Colin Farrell qui tire honorablement son épingle du jeu. L'interprétation des acteurs n'est donc pas vraiment e centre d'intérêt d'une histoire complexe comme "Minority Report", où la vision d'un monde ressort plus que le jeu des comédiens.

Enfin, petit bémol : que dire du besoin américain de tout expliquer, de tout dévoiler, de ne laisser aucune part de mystère? De décider, en somme, que la réflexion s'arrêtera une fois sortis de la salle? Dommage. La fin heureuse, "Happy End", arrive à grands sabots...

Toutefois, n'oublions pas que c'est un Spielberg, nous ne sommes pas chez Lynch et les prétentions sont différentes. Spielberg a la foi, l'espoir d'un lendemain heureux, et pour une fois, il est en forme, en pleine créativité effervescente. Les fans de S-F seront ravis avec "Minority Report". Le dernier Spielberg est une réussite !

Auteur :Houmann Reissi
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