23 octobre 2019
Critiques

Mon chien Stupide : Beaucoup de bave pour rien

Critique du film Mon chien Stupide

par Amandine Letourmy

Avec "Mon chien Stupide", Yvan Attal mêle vie de famille et peur de vieillir au comique de répétition d’un chien libidineux. Un peu inconsistant et surtout particulièrement ennuyant.

Henri, écrivain raté à la cinquantaine grisonnante, a une femme accro aux antidépresseurs et des enfants qu’il ne supporte plus. Alors quand 80 kilos de poils et de bave échouent sur le canapé en cuir du salon, il voit ça comme un signe. Le signe qu’il va enfin pouvoir se débarrasser de ses enfants toujours plus envahissants. Envers et contre tous, il adopte la bête qu’il baptise d’un nom plus qu’évocateur, Stupide.

Le thème cher à Yvan Attal, la famille, semble être ici sacrifié sur l’autel d’un humour pachydermique. La blague du chien obsédé, épuisée à l’excès, fait malheureusement de l’ombre aux thèmes que le réalisateur tentait de mettre en avant : la vie de famille inextricable avec des enfants qui tardent à quitter le nid, la vie de couple qui vire à la colocation, le champ des rêves et des opportunités qui se réduisent au fur et à mesure que l’âge avance…

Il est pourtant bien difficile de s’identifier à cette famille où manque de communication rime surtout avec manque d’éducation. Le couple, figure nourricière pour des ados et jeunes adultes en manque de repères, fait peine à voir face à ces enfants pourri-gâtés jusqu’à la moelle, archétypes des ados irrespectueux, branleurs et profondément idiots.

Car tout ici est un peu trop facile. Outre la blague du chien obsédé rapidement éculée, le réalisateur ne donne en pâture au spectateur que de rares aperçus de scènes qui auraient pu être excellentes. Malheureusement, elles sont trop rapidement expédiées, à l’image de la discussion entre Henri et sa fille. Le père de famille tente d’expliquer à sa cadette que Stupide représente avant tout un doigt d’honneur flamboyant à sa vie terriblement insatisfaisante et que c’est pour cette raison qu’il refuse de s’en séparer. Le réalisateur ose ici dévoiler son personnage et ses peurs, mais cette scène-éclair reste très insatisfaisante pour justifier tout un film.

Censé être le symbole d’une reprise de contrôle, d’une seconde jeunesse, le chien ne demeure qu’une large blague, et c’est bien dommage. Demeure l’interprétation d’Yvan Attal lui-même et de sa compagne Charlotte Gainsbourg, qui savent rester convaincants, là où leurs enfants à l’écran tombent dans l’exagération la plus décevante.

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