15 décembre 2019
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Mon fils à moi : A découvrir…

Comme pour la plupart des films sortant cette semaine, mieux vaut ne pas trop en savoir avant d'entrer dans la salle de « Mon fils à Moi » afin de découvrir l'œuvre vierge de toutes idées préconçues. Aussi, ces lignes en dévoileront le moins possible sur la progression dramatique qui constitue le fil conducteur de l'intrigue. Celle-ci est menée pas un auteur / réalisateur qui signe là un long métrage nécessairement déprimant de part la nature de son sujet mais maîtrisé et prometteur.
 
Avec ce personnage de mère possessive voire tyrannique (mais malgré tout aimante), il plane comme le fantôme de Michael Haneke dans les recoins de ce pavillon de banlieue bourgeoise qui sert de cadre à ce premier film. De là à dire que Julien (interprété avec talent par le jeune Victor Sévaux) se situe entre les ados fous furieux de « Funny games » et celui plus inquiétant mais non moins dangereux de « Benny's Video », il n'a qu'un pas qu'on se gardera de franchir tant il serait réducteur de limiter le long de Martial Fougeron à ces prestigieuses références. Pourtant, le réalisateur partage avec son confrère allemand un vrai don pour faire monter la tension autour d'une histoire apparemment très banale (quoi de plus normal qu'un ado mal dans sa peau qui se chamaille avec sa mère ?) mais qui prend vite un tour nettement plus grave.
 
Pour sortir du cadre d'un téléfilm luxueux, il fallait deux qualités essentielles : des acteurs excellents et une mise en scène à la hauteur. Manifestement, « Mon fils à moi » remplit ce contrat haut la main sur ces deux points. Nathalie Baye a beau être omniprésente dans les salles obscures (en même temps que « Michou d'Auber » et avant « Le prix à payer »), son interprétation impressionne. Face à elle, Olivier Gourmet est parfait de retenue après plusieurs rôles où il cachetonnait dans des productions qui ne le méritaient pas.
 
Quant à la réalisation, sans jamais faire dans l'esbroufe gratuite, elle parvient à instaurer de réels moments de suspense à l'image de cette scène marquante où Julien se rase en cachette tout en redoutant l'arrivée de sa mère. La qualité du cadrage associé à un travail soigné sur le son montre ici le talent de Fugeron pour créer une tension dramatique palpable avec finalement peu d'éléments à gérer à l'écran. Sorti ce mercredi dans une indifférence assez généralisée, « Mon fils à Moi » ne mérite donc pas qu'on l'ignore. Heureusement, il vous reste encore quelques jours pour le découvrir en salle.
Auteur :Frédérick Lanoy
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