Critiques

Mon Roi : Cassel the king !

Attention scoop : Vincent Cassel est un grand acteur. Vincent Cassel est beau, Vincent Cassel est monstrueux, Vincent Cassel est drôle, Vincent Cassel est "Mon Roi" mais surtout celui de Maïwenn dans son nouveau film. Drame habité, poignant et génial, porté par un casting haut de gamme.

Tony (Emmanuelle Bercot) passe un séjour prolongé dans un centre de rééducation après s'être fait les croisés au ski. Entre séances de kinés et moments de solitude, elle cherche à connaître la cause de cet accident et se souvient... Dix ans plus tôt, elle rencontre Georgio (Vincent Cassel) flambeur magnifique et hâbleur dont elle tombe amoureuse dès les premiers instants. Mais à une montée de bonheur paroxystique va vite succéder une chute aussi violente que vertigineuse...

Pour Maïwenn, fini les faux documentaires. La jeune réalisatrice garde sa caméra à l'épaule pour filmer une vraie histoire, ce qui donne d'emblée au film un aspect « Kechichien » très intéressant pour ce qui est sans doute la plus belle réussite de sa jeune carrière. Comme Tony, Maïwenn est amoureuse de son Georgio et ça se voit à l'écran. Le film entier est un autel à la gloire du dieu Cassel, filmé sous tous les angles, drôlissime et charismatique comme jamais dans un rôle à sa mesure.

Georgio est le « roi des connards » (d'où le titre du film) et il le dit dès le début. Pourtant Tony va se laisser embarquer. C'est là tout l'enjeu du film. Pourquoi aime-t-on ? Pourquoi quitte-t-on ? Souvent pour la même raison. Pendant deux heures extrêmement pesantes, on assiste à la lente déchéance de Tony. Femme timide devenue autruche qui découvre un peu plus chaque jour le monstre dont elle reste irrémédiablement folle, y perdant en même temps sa dignité et ses nerfs.

"Mon Roi" est sombre (bien plus que ne pouvait l'être "Polisse") de par son caractère fataliste. Il n'y a rien au bout. Le processus de destruction est enclenché dès le début (mécanique qui rappelle un peu celle de "3 Coeurs", sorti l'an dernier). "Mon Roi" est un long chemin de croix, pénible et douloureux, dont Tony va essayer de se relever (le parallèle avec sa rééducation n'est pas une idée très fine, mais pas mauvaise non plus).

Paradoxalement, il faut noter qu'une fois de plus le film bénéficie d'une qualité de dialogue absolument incroyable, donnant au film sa seule touche de légèreté. Outre l'apparition anecdotique du Youtubeur Norman Thavaud (que l'on voit 2 minutes à l'écran) et la tchatche légendaire de Cassel, le personnage du frère de Tony, campé par Louis Garrel, est d'une drôlerie peu commune et illumine littéralement les premières minutes du film, avant d'en disparaître progressivement.

"Mon Roi" (distribué par StudioCanal) est un film superbe, porté par deux acteurs solaires. Peut-être pas un chef d'œuvre (le côté symboliste un peu lourd rend parfois le film pataud) mais un vrai film réussi et déprimant comme on en regarde les après-midi pluvieux. Bon par contre, ça décourage de tomber amoureux... Mais perso, je m'en fous ! Moi j'suis amoureux de Maïwenn.

Auteur :Mickaël Vrignaud
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