28 septembre 2021
Critiques

Mon Roi : Critique

Toi, toi, mon toit. Toi, toi, mon tout mon roi. C'est en fredonnant ce célèbre refrain que Maïwenn aurait trouvé le titre de son nouveau film à en croire les bruits de couloirs. "Mon Roi" s'est vu acclamé au dernier Festival de Cannes, auréolé d'une standing ovation de presque dix minutes, et de son actrice, Emmanuelle Bercot, récompensée pour son interprétation (prix partagé avec Rooney Mara pour "Carol"). Maïwenn, plus qu'une actrice, réalisatrice ou scénariste, un personnage haut en couleur qui secoue le paysage Français sans pudeur. Après le succès qu'on lui connaît pour "Polisse", Maïwenn revient avec un nouveau drame d'un tout autre genre : fini la brigade de protection des mineurs et bonjour à la passion amoureuse, aussi salvatrice que destructrice.

Tony, la quarantaine, tombe éperdument amoureuse de Georgio, restaurateur aussi charmeur que flambeur. Après avoir attendue toute sa vie pareil amour, et déjà un bon pied dans l'engagement (mariage + enfant), elle ne puit se résoudre à quitter cet homme au charisme fou, pourtant bien consciente du moindre de ses défauts. L'avocate à la ville le devient alors à la vie, l'excusant de ses excès à répétition et doit s'armer de courage, de patience et de lexomil pour apprendre à aller de l'avant. C'est lors d'une rééducation, le genou brisé après un accident de ski, que la plus toute jeune femme meurtrie se remet (enfin) en doute. Laisse alors place une longue rétrospective de cette histoire déchirante qui sait exactement comment nous prendre aux tripes.

Casting étoilé, Vincent Cassel et Emmanuelle Bercot brillent chacun à leurs manières de mille feux. Si Cassel ne surprend pas tellement, tant on le connaît doué pour jouer les connards de service (mais pas pour celui de vierge effarouché comme dans "Un Moment d'Egarement"), il sait mettre en valeur sa partenaire touchée par un pincement au cœur communicatif. Le binôme fonctionne et pas qu'un peu. Pas un instant, une seule seconde on ne remet en doute le couple et cette folie qui l'anime, l'unie et le sépare, de façon continue.

La réalisatrice jongle, de façon classique mais néanmoins efficace, entre le flashback et la rééducation-soit le temps du présent-pour mieux opérer le parallélisme guérison physique/rétablissement mental. Le résultat est là et on s'entiche de ce couple qui s'aime et se déchire. On se prend alors vite au jeu et on prie pour que Tony résiste et ne donne pas une « nouvelle dernière chance » à son irrésistible bourreau. On peut toutefois regretter certains procédés et choix artistiques, comme la très faible importance des personnages secondaires (sans doute pour laisser le couple au premier plan) ou encore la métaphore du genou brisé, pas très novatrice, qui n'est pas sans rappeler le combat mené dans "De Rouille et d'Os" du compatriote Jacques Audiard.

Tout en justesse et retenue, du pathos point n'en faut, "Mon Roi" saura vous faire chavirer. Bien loin des comédies mièvres ou exagérément tragiques qui connaissent pourtant un certain succès, le film propose une vision simple et réaliste d'un couple dont l'avenir est voué à l'abandon. A ne pas mettre sous les yeux des incorrigibles romantiques ou jeunes mariés.

Auteure :Mélissa ChevreuilTous nos contenus sur "Mon Roi" Toutes les critiques de "Mélissa Chevreuil"

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