19 janvier 2021
Critiques

Moonwalkers : Comédie atypique

Inspiré d'une légende urbaine des complotistes, selon laquelle l'alunissage d'Apollo 11 aurait été tourné en studio par Stanley Kubrick qui plus est, "Moonwalkers" suit la logique de cette hypothèse pour en montrer l'absurdité. Par conséquent, on envoie sur cette mission le meilleur tueur de la CIA, rôdé aux opérations clandestines au Vietnam, mais qui en a malheureusement subi des séquelles au niveau mental. Le voici plongé dans Londres, à la rencontre du show business, des hippies et des quartiers chauds. Son compagnon dans ces aventures : un manager autoproclamé sorti des bas-fonds qui le mène à la rencontre de ces mondes alternatifs et de lui-même.

Soulignons tout d'abord la performance des acteurs avec Ron Perlman, qu'on aimerait voir plus souvent dans ce genre de comédie, et Rupert Grint, dont on oublie très vite son rôle de Ron Weasley dans la franchise "Harry Potter", qui forment un duo fantastique, la différence d'âge et de nationalité créant une synergie et un contraste qui collent parfaitement au genre. À leurs côtés, Robert Sheehan en acteur polytoxicomane et James Cosmo ("Games of Thrones", "Braveheart") dans un caïd terrifiant.

Étant trop jeune pour avoir connu cette période, je ne saurai dire si la reproduction des années 60 est fidèle, mais l'ambiance est plutôt convaincante, aussi bien du fait des décors psychédéliques, des références musicales où se côtoient Jefferson Airplane et Creedance Clearwater Revival. De nombreuses références aux oeuvres de Stanley Kubrick saupoudrent les séquences et forment un jeu de piste pour le cinéphile averti. On se surprendra à reconnaître "Orange Mécanique", "Eyes Wide Shut", "Docteur Folamour", un clin d'œil à "Barry Lindon" et à "2001"...

Sur le plan thématique, on se demande si "Moonwalkers" n'est pas également une métaphore du monde du cinéma d'aujourd'hui en opposant la CIA en producteurs d'un film de hippies, les premiers n'ayant qu'un objectif en tête soumis à un cahier des charges précis et ignorant de la réalité et de la passion qui animent les artistes qu'ils emploient. À la sortie, trompé par les crédits et le style, j'étais convaincu qu'il s'agissait d'une production belge tant l'humour et le style ne sont pas exactement anglais, ni tout à fait américain. Nous avons avant tout affaire à une comédie atypique et qui, je l'espère, saura vous faire passer un agréable moment comme ce fut mon cas en y retournant.

Auteur :David Mauqui
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