Critiques

Mortel Transfert : Mortel tout court !

La raison du plus fou n'est pas toujours la meilleure. C'est ce que tente de prouver Jean-Jacques Beinex dans son nouveau long-métrage où un psychanalyste va se retrouver aux prises avec une patiente récalcitrante. Elle sera d'autant plus embarrassante qu'elle aura la malheureuse idée de se faire occire au cours d'une séance d'analyse...

"Mortel Transfert" est le sixième long-métrage de fiction de Beinex en vingt ans de carrière et rompt également avec une période de huit d'années de silence. Soyons francs, Beinex aurait mieux fait de s'abstenir plutôt que de nous concevoir ce monument d'ennui érigé à la pseudo-gloire de la psychanalyse, sujet qui risque fort d'embêter au possible le grand public, et je reste, par courtoisie, dans le domaine de l'euphémisme...

On avait découvert Beinex grâce à "Diva", en 1981, qui est déjà un film dont la réputation est plus que surfaite et qui est devenu, par un malheureux concours de circonstance, le film-culte de toute une génération. Quand on pense, qu'en 1981, on pouvait voir "Les Aventuriers de l'Arche Perdue", on se dit qu'en matière de film-référence, il y avait bien mieux... Toutefois, "Diva" a bénéficié de ce statut flatteur au même titre que "Le Grand Bleu" de Luc Besson. Comme ce dernier film cité est un mètre-étalon en matière de médiocrité et de niaiserie profonde, vous imaginez aisément tout le bien que je pense de "Diva". Enfin, ce genre de film plaît, donc respectons le goût des autres comme dirait Agnès Jaoui... En 1983, c'est "La lune dans le caniveau" qui vaut surtout pour son univers visuel et l'interprétation de Nastassia Kinski. Quatre ans plus tard, Beinex adapte un roman de David Goodis, "37°2", pour ce qui reste son meilleur film. En effet, ni "Roselyne et les lions", ni "IP5" ne parviendront à séduire les spectateurs en nombre...

Ce n'est pas avec "Mortel Transfert" que cela changera. Pourquoi ? Car le film est complètement raté ! Hésitant entre le drame psychologique et la comédie de moeurs, Beinex ne parvient pas à insuffler un véritable rythme dans son film. On finit par se désintéresser complètement du scénario. Seul Yves Rénier parvient à éviter le naufrage. Quant à la qualité visuelle des images, ainsi que l'emploi maîtrisé du format Cinémascope, ils n'empêchent pas cette production de sombrer, corps et biens. Bref, Beinex peut arrêter le cinéma. Il n'a plus rien à dire. Quant à son goût pour l'analyse, qu'il le conserve pour lui et ne vienne plus tenter d'intéresser le grand public avec ce genre d'âneries !

Auteur :Christophe Dordain
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