Critiques

Moulin Rouge : Baz Luhrmann est une midinette

Après son adaptation tapageuse et très grand-guignol de "Roméo et Juliette", le voilà qui se plonge avec "Moulin Rouge" dans un mélodrame en costumes et en rythme (présenté lors du dernier Festival de Cannes). Le rideau se lève sur un jeune anglais débarqué à Paris pour y découvrir l'esprit de bohème. Il ne lui faut pas longtemps pour entendre parler du Moulin Rouge et de sa perle la délicieuse Satine. Hélas pour lui, un odieux mais riche Duc convoite, lui aussi, la belle.

Cela commence très mal, une avalanche sonore et visuelle envahit l'écran, une débauche d'efforts uniquement destinée à nous faire entrer dans le film. Au bout de vingt minutes de cet enfer, le rythme se calme un peu et le réalisateur en profite pour poser son histoire. Rien d'original dans "Moulin Rouge", il se contente de puiser ses idées dans les oeuvres des autres pour construire son jolie mélo. un procédé qu'il réutilise également dans le domaine musicale et qui donne, cette fois, lieu à de beaux moments (on retiendra le Roxane de Police et le Show must go on de Queen). Ewan McGregor et Nicole Kidman poussent le professionnalisme jusqu'à chanter eux-mêmes (plutôt bien) dans le film.

Le moulin rouge n'est donc qu'un prétexte visant à permettre à Luhrmann et ses complices de donner libre cours à leur frénétique imagination visuelle, tellement frénétique qu'elle en devient rapidement clinquante. Au cœur de ses moments d'esbroufe pure se nichent toutefois quelques bonnes idées qui donnent son piment au film. S'il n'invente rien, Luhrmann recycle tout, tout passe à la moulinette de son imagination pour en ressortir conforme à ses objectifs.

A ce jeu là le cinéaste s'en sort bien, ayant tout compris de l'omniprésent recyclage du cinéma hollywoodien, il s'y attelle consciencieusement dans "Moulin Rouge". Il est regrettable que ces coups de génie soient noyés dans un vacarme si ennuyeux. Américain, ce film l'est jusqu'au bout des ongles avec les travers et les réussites inhérentes à ce type de production. En définitive, le réalisateur distrait son monde, mais sans guère aller chercher plus loin.

Auteur :Guillaume Branquart
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