14 novembre 2019
Critiques

Never Grow Old : La critique du film

Critique du film Never Grow Old

par Victor Van De Kadsye


La vie d'un croque-mort, père de famille, bousculé par l'arrivée de hors-la-loi dans un village contrôlé par un pasteur chrétien, c'est que nous raconte "Never Grow Old", western impersonnel signé Ivan Kavanagh.


Le fait que ce Western soit réalisé par un réalisateur européen était le point d'intérêt du film. Des auteurs comme Jacques Audiard ou Thomas Bidegain s'y sont attaqués récemment, cette proposition du genre, faite par un irlandais, semble ici donner un point de vue critique sur l'Histoire des Etats-Unis. Racontant la chute d'une ville, aussi bien morale qu'incendiaire, à travers un trio de personnages, on pourrait s'attendre à une étude poussée et ayant plus de recul à la rigueur.

Malheureusement, au lieu de se réapproprier le genre sous un angle plus critique, Ivan Kavanagh se fait « premier de la classe » et n'hésite pas à reprendre sans vergogne tous les clichés du genre. Les personnages existent en tant qu'archétypes, sans profondeur. Par exemple, celui du croque-mort, joué par Emile Hirsch, suit une trajectoire proche de celle d'un Dustin Hoffman dans "Les Chiens de Paille" (une réappropriation plus contemporaine du genre) de Peckinpah. Quant à John Cusack, qui manquait au cinéma quand il ne faisait pas encore des DTV bas-de-gamme, on lui doit sa meilleure imitation de Bill Murray jouant un hors-la-loi nonchalant et cruel. Ne parlons pas des rôles féminins, juste présents pour être considérés comme de la chair-à-canon. Le point culminant étant une scène inutile se complaisant dans la pendaison d'une adolescente.

Toutefois, les personnages ne sont pas les seuls clichés du film. Sur les terres irlandaises, le réalisateur transforme ses décors en attraction touristique censées représenter les Etats-Unis à cette époque : un saloon, une église et un épicier. De même, pour filmer ce décor minimaliste, on n’hésitera pas à piocher les plans dans les films de John Ford ou de Charles Laughton.

Au final, on ne retiendra rien de cet exercice de style trop propre pour réellement nous convaincre. "Never Grow Old" lasse par sa platitude stylistique. Malgré un John Cusack charismatique, cette parodie du western crépusculaire est aussitôt oubliée une fois sortie de la salle.

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