20 juillet 2019
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Neverland : La critique du film

Alors que « Shakespeare in Love (1998)” nous narrait la genèse de la pièce « Roméo et Juliette » sous fond de comédie sentimentale, « Neverland » emprunte un chemin épuré de toute romance et pavé de bonnes intentions afin d'assister à la naissance de Peter Pan.

Bien que le film ne s'adresse pourtant pas à eux en premier lieu, ce sont les enfants qui sont au centre de cette adaptation tirée d'une pièce de Allan Knee (à qui l'on doit également l'adaptation théâtrale des « Quatre filles du docteur March ») qui racontait les déboires, puis le sacre du « père » de Peter Pan : J.M. Barrie.

"Neverland" est leur histoire, leur combat et leurs sentiments face à la maladie de leur mère. Ici, pas de magie qui crève l'écran, ni d'envolée au pays imaginaire sous fond de « blue screen » (support aux effets spéciaux).

Pas de mélodrame non plus, mais plutôt un drame fantaisiste ou les décors changeants sont prétextes aux touches d'extravagance et où la réalité aussi douloureuse soit elle ne sert qu'à souligner le génie créateur et accepter les chimères.

Le réalisateur Marc Forster l'a bien compris, et au déluge de couleurs et de rires, il préfère nous offrir un spectacle plus modeste et néanmoins magnifique auquel les acteurs se marieront.

Incarné par un Johnny Depp toujours aussi à l'aise dans les films d'époque, l'auteur –en froid avec la haute société anglaise qui composait son public-, verra son imagination ravivée par la rencontre avec quatre jeunes garçons.

Kate Winslet , leur mère dans le film, garde un rôle discret, tout comme celui du pater financier incarné par Dustin Hoffman, ce qui ne dessert pas pour autant le scénario qui puisera sa force dans les plus jeunes personnages, dont le jeune Peter (joué par le très prometteur Freddie Highmore, qui sera encore le partenaire de Johnny Depp dans le prochain Tim Burton).

Bien moins virtuose que celle de Tim Burton, la réalisation ravira toutefois les plus cinéastes, principalement dans les scènes « théâtrales » et une ultime scène : aussi simple qu'efficace.

Vous l'aurez compris, "Neverland" est une habile reconstitution de l'envers du décor de « Peter Pan », aussi agréable qu'un tour de balançoire et offrant une vision subtile de la création. Les larmes ne vous seront jamais soutirées de force (fait assez rare dans ce genre de production pour le signaler), elles viendront naturellement.

Car "Neverland" est ce film perdu entre les deux mondes, adulte et enfant, et qui nous fait basculer dans l'un ou l'autre avec une facilité déconcertante qui n'a d'égale que la chaleur qu'il dégage.

Et c'est peu dire… 

Auteur :Julien Leconte

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