19 octobre 2019
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Nid de guêpes : Une nuit en enfer

Pour son deuxième film (après "Une minute de silence" sur les mineurs lorrain, 1998), Florent Emilio Siri réalise avec "Nid de guêpes" un grand film d'action Français de qualité.
 
Fort d'un scénario malin et d'une réalisation qui parvient à s'affranchir des modèles américains ou asiatiques, ce film va rendre encore plus pathétiques qu'elles ne le sont déjà les productions débiles Bessoniennes et permettre de croire enfin en un cinéma Français populaire de haute tenue (après la réussite de Chabat avec "Mission Cléopâtre").

"Nid de guêpes" est un western urbain violent dont l'intrigue n'est pas s'en rappeler des classiques comme Rio Bravo d'Howard Hawks ou Assault de John Carpenter.
 
L'unité de lieu est respectée, le danger permanent, les balles fusent et les morts s'additionnent...Avec ce huis-clos étouffant et musclé, les scénaristes (Florent Emilio Siri et Jean-François Tarnovski) abordent le problème de l'esclavage et de la mondialisation de la prostitution par le biais de cet Albanais accusé de proxénétisme et de viols sur des centaines de femmes.

Ils proposent un monde où les femmes sont inévitablement des victimes sauf si elles se conduisent avec virilité comme c'est le cas des deux femmes du film. Cette tendance à minimiser les distinctions sexuelles, à valoriser la masculinisation des femmes et l'amitié des hommes est tout à fait Hawksienne.

Comme chez Hawks, Siri installe un système dans lequel le groupe (qui ne se veut pas un microcosme de la société) fonctionne en vase clos, essayant de lutter contre le monde extérieur, celui du changement permanent et du danger.
 
Dans cet entrepôt de containers, ces indépendants solitaires (Nadia Farès élève seule son enfant; chacun pour soi est le mot d'ordre pour les malfrats si leur affaire tourne mal...) vont faire l'expérience de la fraternité et du sacrifice pour certains.

Le plus beau personnage du film est Louis (Pascal Greggory) ancien pompier, reconverti en gardien de nuit dont on soupçonne un lourd passé que les scénaristes avec intelligence ne dévoilent pas mais suggèrent seulement.
 
On pourra bien sûr reprocher à Florent Emilio Siri quelques excès et surenchères mais jamais il ne cherche à esthétiser la violence à la manière d'un John Woo, il filme le plus crûment du monde une violence sale et brutale plutôt à la manière de John Carpenter, contrôlant son film jusqu'au bout sans provoquer l'ennui ni la lassitude.
 
"Nid de guêpes" est la belle promesse d'un cinéma de genre, personnel et totalement crédible.

Auteur :Christophe Roussel
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