21 juillet 2019
Critiques

Nous finirons ensemble : Des retrouvailles décevantes

Critique du film Nous finirons ensemble

par Sarah Ugolini



Neuf ans après la sortie des "Petits mouchoirs", Guillaume Canet nous emmène avec "Nous finirons ensemble" retrouver Max, Éric, Antoine, Marie et les autres au Cap Ferret. Une bande de potes en vacances que l'on a quitté traumatisée par la mort brutale de l'un d'entre eux, Ludo, incarné par Jean Dujardin.

Ce second opus a pour but d'aller explorer de nouvelles facettes des personnages et de savoir comment chacun a évolué plusieurs années après le drame. Le film débute avec l'arrivée de Max, alias François Cluzet, dans sa maison en bord de mer.

Un séjour qu'il souhaite solitaire et introspectif alors qu'il est confronté à de gros problèmes financiers. Son groupe de copains, qu'il n'a pas vue depuis plus de trois ans, débarque alors par surprise pour fêter son anniversaire ! Si la surprise est réussie, l'accueil l'est beaucoup moins...

On retrouve ainsi avec plaisir François Cluzet, qui passe d'autoritaire psychorigide à profond dépressif, Gilles Lellouche devenu comédien à succès ou Benoît Magimel, toujours aussi perdu sentimentalement.

Marion Cotillard réapparaît quant à elle transfigurée. Si on avait laissée Marie, du propre aveu de l'actrice, en "fumeuse de pétards mais pétillante, solaire" et idéaliste voulant changer le monde, on la retrouve en mère indigne et désabusée. Il s'agit paradoxalement d'un des personnages préférés de Marion Cotillard dans toute sa filmographie.

Si elle a eu du mal à incarner cette mère démissionnaire qui rejette un enfant qui la prive de sa liberté de femme, une fois qu'elle a compris la femme en souffrance qui ne s'est jamais remise de la mort de l'homme qu'elle aime, Marion Cotillard assure en être tombée amoureuse.

Les personnages féminins sont d'ailleurs les plus intéressants dans cette suite quelque peu décevante. Valérie Bonneton, ex-femme soumise désormais libérée du joug de son mari obsessionnel, est par exemple un second rôle trop peu exploré à mon goût dans ce second volet.

Mention spéciale toutefois à Laurent Lafitte, toujours aussi hilarant en souffre-douleur immature que l'on regarde avec délectation enchaîner les gaffes. François Cluzet commence quant à lui à devenir une référence à la Bacri en râleur invétéré partagé entre hystérie et apathie.

"Nous finirons ensemble" alterne moments de grande rigolade et d'intense émotion avec de franches et musclées explications entre ces amis de 20 ans.

Pour accompagner ces moments de joie et de convivialité, la bande-son est jubilatoire : de "Daddy Cool" de Boney M à "Girls Just Want to Have Fun" de Cyndi Lauper, en passant par "99 Luftballons" de l'Allemande Nena ou "Baba O'Riley" de The Who.

Mais, dans ce second opus, fini les faux-semblants et les rancoeurs non avouées, il est l'heure de tout dire et de lever "les Petits Mouchoirs" sur les lourds secrets. Un film sur l'amitié et sa capacité à la voir perdurer à travers les années. Peut-on continuer à s'aimer au fil du temps et des accidents de la vie ?

On ne peut enlever au film la sincérité et la vérité des acteurs qui jouent ce qu'ils sont dans la réalité, des amis. On appréciera également la jolie surprise finale de ce film de copains qui fait du bien.

Mais si on a aimé les retrouver, la fraîcheur et la spontanéité de cette bande de potes que l'on avait appréciées d'il y a neuf ans, ne sont pas au rendez-vous. Filmer l'amitié n'est pas chose aisée.

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