21 juillet 2019
Critiques

Nous finirons ensemble : Pour le meilleur mais surtout pour le pire

La critique du film Nous finirons ensemble

Par Justine Briquet


Nos petits mouchoirs, on les dispose sur nos plus lourds secrets. Nos petits mouchoirs sont là pour nous protéger, pour nous cacher du regard d’autrui.

Avec ce titre énigmatique, Guillaume Canet souhaitait évoquer ces amis de longue date qui ne savent rien les uns des autres, ces bourgeois qui préfèrent se targuer de leur réussite sociale plutôt que de partager réellement quelque chose.

"Les Petits Mouchoirs" racontait les petits mensonges sans importance de cette bande de bobos somme toute attachante malgré leur hypocrisie constante. Aujourd’hui, le réalisateur de "Ne le dis à personne" revient avec une suite. La bande du premier volet est réunie au complet par Guillaume Canet huit ans après. Dès lors, quoi de nouveau sous le soleil du Cap-Ferret ? À vrai dire, pas grand-chose.

Après un divorce et quelques problèmes financiers, Max, incarné par un François Cluzet tout en caricature, s’enfonce peu à peu dans une profonde dépression, Vincent (Benoît Magimel) assume désormais son attirance pour les hommes en s’affichant avec son nouveau compagnon.

Son ex-femme, Isabelle (Pascale Arbillot), profite de son nouveau statut de célibataire, redécouvrant ainsi sa féminité et un pouvoir de séduction. Marie (Marion Cotillard), l’idéaliste, semble avoir perdu ses illusions de jeune femme en devenant mère.

Éric (Gilles Lellouche), devenu acteur à succès, se retrouve avec un bébé sur les bras. Antoine, joué par le toujours excellent Laurent Laffitte, garde son statut de bouc émissaire tendre et attachant tandis que Jean-Louis continue de cultiver des huîtres…

Rien de surprenant à l’horizon, donc. Si ce nouvel opus est un prétexte pour embrasser de nouveau le succès ("Les Petits Mouchoirs" avait fait près de 5 millions d’entrées), il ne semble pas se hisser au niveau de celui-ci qui, dans son genre, avait déjà largement exploité toutes les palettes de l’amitié.

Explorer la question de l’amitié à l’épreuve du temps était pourtant un bon programme en soi. Mais le film ne va pas au bout de ses promesses : on esquisse des sourires sans jamais rire sincèrement, on feint d’être ému devant des événements dramatiques grossiers et sans enjeux, fabriqués de toute pièce. Et les personnages ne parviennent à nous émouvoir, restant obstinément médiocres à nos yeux.

S’ils ne sont pas médiocres, certains comédiens se laissent tout de même aller à la caricature. Les larmoiements de Marion Cotillard ne nous seront pas épargnés tout comme ses cris. Quand le surjeu devient la norme, le malaise est prégnant.

En définitive, le scénario souffre d’une grande pauvreté et l’émotion ressentie tout au long du film reste inlassablement la même : un profond ennui.

À défaut d’intrigue, Guillaume Canet filme les plages comme pour meubler la pellicule, nous inondant d’une musique soul qui viendrait combler ses plans pourtant si dénués d’âme.

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