Critiques

Nous, les chiens : les meilleurs amis de l’homme ?

Par Jérémy Joly

Avec "Parasite" de Bong Joon-ho, récompensé par une Palme d'or au Festival de Cannes et d'un Oscar du meilleur film étranger, le cinéma sud-coréen gagne une popularité internationale. La société de distribution française The Jokers a réussi à nous offrir un nouveau film sud-coréen : "Nous, les chiens", sélectionné au Festival international du film d'animation d'Annecy en 2019.

"Nous les chiens" s'ouvre sur une voiture roulant vers une forêt. A son bord, un chien du nom de Moong-chi et son maître. Très vite, on comprend qu'il ne s'agit pas d'une simple balade en forêt mais d'un terrible abandon. Alors que Moong-chi est content de jouer avec sa balle en pleine nature, son maître lui enlève le collier anti-aboiement, lui laisse un sac de croquettes et repart chez lui en voiture. Il est impossible de ne pas être touché par cette scène reflétant parfaitement ce fléau.

Persuadé que son maître va revenir, Moong-chi attend patiemment à côté de son sac de croquettes. Mais très vite, un groupe de chiens ayant subi le même sort se joint à lui. A leur contact, Moong-chi va devoir s'adapter à une nouvelle vie : devenir un chien sauvage, en apprenant à fuir la fourrière ou des chasseurs de chiens, mais aussi à trouver de la nourriture. L'humain devenant trop dangereux pour eux, ces compagnons décident de partir à la recherche d'un territoire abandonné par les hommes afin d'y mener une vie paisible, en toute liberté. Commence alors une grande aventure...

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La technique d'animation est originale. Loin d'un 3D numérique avec des images ultra-réalistes de Disney, "Nous, les chiens" a des dessins faits à la main, avec un côté pastel, mélangés à de la 3D. Certaines scènes ressemblent à des peintures qui illuminent nos yeux par la beauté des couleurs. Par une personnalité qui leur est propre, les personnages sont attachants.

L'histoire comprend un mélange des genres : l'humour, avec par exemple ce vieux toutou attaché à une peluche à qui il arrive de drôle de tours, le romantisme, avec des scènes où des couples se forment et le thriller avec la poursuite d'un chasseur. Cet assemblage des genres peut paraître de temps en temps un peu brouillon. Mais la force de l'histoire est son côté non-édulcoré. Les scènes de drame ne sont pas épargnées, la mort va frapper, nous rappelant la triste réalité de la vie.

Le scénario cache un message écologique, humain et même politique, qui peut échapper aux plus jeunes spectateurs. "Nous, les chiens"e film nous fait réfléchir sur des thèmes forts et d'actualité : la destruction de la planète et la maltraitance animale, imaginant un monde sans hommes. On peut reprocher une fluidité ratée du montage dans certaines scènes d'action. Mais cette aventure, pleine d'amitié et d'entre-aide, est tellement remplie d'émotions, accentuées par une jolie bande originale, que l'on ne peut que fermer les yeux sur ce détail.

Les films d'animation avec des chiens comme personnages principaux, vous en avez sans aucun doute déjà vu, chez Disney : "Les 101 Dalmatiens", "La Belle et le Clochard", etc. Mais, par ses thèmes saisissants et sa fabrication insolite, "Nous, les chiens" se démarque. Il se rapproche plutôt de "L'Île aux chiens" de Wes Anderson, par sa volonté politique. Ce film peut satisfaire aussi bien le jeune public que ses aînés. Le cinéma sud-coréen prouve, une fois de plus, sa richesse et sa diversité.


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