21 octobre 2020
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Ocean’s 13 : Les treize d’Ocean

Au fil des épisodes de la trilogie grand public de Soderbergh, les "Ocean's...", le titre a fini par ne plus rien signifier, si ce n'est la présence de Danny Ocean. En effet, le fait est que, dès le deuxième opus, Ocean's Twelve, on ne comptait jamais douze personnes dans la bande. Cela semble avoir été le signe de la transformation en machine à fric utilisant l'innovation dont avait fait preuve Ocean's Eleven. Seulement un principe innovant ne l'est plus, par définition, dès que l'on en fait une (pâle) copie. C'est pourquoi Ocean's Twelve avait été plutôt mal reçu à sa sortie (du moins par la critique), et sans doute aussi ce pourquoi Ocean's Thirteen a subi le même sort aujourd'hui, de la part de la presse. Et c'est ici que j'interviens.

Naturellement, la formule de base est gardée : un braquage de casino des plus improbables, une bande de mecs (presque sans aucune femme, cette fois), et une construction scénaristique alternant d'abord l'élaboration du plan et les préparatifs concrets puis montrant le casse en lui-même. On retrouve de même la dynamique caractéristique des précédents films, incarnée par la mise en scène, rarement au repos, mais aussi par l'utilisation de la musique.

Toutefois, si le film est similaire aux autres sur la forme, c'est sur le fond qu'il diffère. Car la bande à Ocean n'est plus (qu')un troupeau de cambrioleurs égoïstes agissant dans le seul but de se faire les poches. Il suffit d'observer leur motivation : venger leur ami Reuben, que le cruel William Bank a escroqué en lui piquant son casino.

Il est vrai que la vengeance n'est peut-être pas un sentiment des plus nobles, mais ici, il s'associe à la solidarité et à la bonté. Le casse est même organisé pour faire gagner toutes les personnes présentes dans le casino, et ainsi ruiner son propriétaire, Bank. Les treize d'Ocean sont donc devenus des gens bien (ou presque). Et le seront encore plus s'ils prennent leur retraite maintenant (donc si l'hypothèse d'un "Ocean's Fourteen" n'a plus lieu d'être (ce qui semble d'ailleurs être le cas)...
Auteur :Sylvain Brunerie
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