24 octobre 2020
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Ocean’s Eleven : Plaisir immédiat

Le 10ème film de Soderbergh est de nouveau une petite oeuvre très réussie, un film de plus au plaisir immédiat qui ne laissera que peu de traces mais confirme que Soderbergh est bien l'un des meilleurs artisans du cinéma Hollywoodien actuel.

Remake d'un film de Lewis Milestone, L'inconnu de Las Vegas (1960), avec Frank Sinatra, Dean Martin et Sammy Davies Jr., Ocean's eleven rappelle les bons films des années 70 ayant pour sujet un hold-up a priori impossible à réaliser dont l'un des chefs-d'oeuvre reste Un après-midi de chien (1975) de Sidney Lumet avec Al Pacino. Daniel Ocean (George Clooney) sort de prison avec pour projet de monter le hold-up simultané de trois casinos de Las Vegas avec l'aide de dix comparses et par la même occasion récupérer son ex-femme Tess (Julia Roberts) qui n'est autre que la petite amie du patron des casinos en question.

Scénario efficace, casting de luxe, budget royal, Soderbergh réalise un pop-corn movie en respectant à la lettre les règles du genre. Les dialogues font mouche, les acteurs (Georges Clooney, Matt Damon, Brad Pitt, Andy Garcia, Julia Roberts et les autres, inconnus, mais tout aussi excellents) semblent s'amuser comme c'est le cas de Soderbergh, premier spectateur de son film, jubilant derrière sa caméra à filmer cette histoire pour rire. Son filmage n'est jamais hystérique, jamais parasité par des tics de metteur en scène égocentrique.

Soderbergh n'est pas Scorsese (même si ici, la musique est aussi envahissante que dans les films de l'italo-américain). Alors que ce dernier filmait son Casino (1995) à grand renfort de montage-cut, ralentis ou zooms accélérés à vous donner le tournis, Soderbergh choisit la simplicité efficace. Sa réalisation est tout au service du scénario et des acteurs. Un tel renoncement au statut d'auteur ou de cinéaste majeur force le respect et c'est ce qui rend sûrement ses films si attachants.

Lui qui a démarré en alter ego de Wim Wenders avec Sexe, mensonges et vidéo (1989), il se retrouve réalisateur-tout-terrain à Hollywood sans transcender les genres qu'il aborde, ni les déstructurer. Un « mainstream director » comme on en faisait plus, pour notre plus grand plaisir... 
Auteur :Christophe Roussel
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