28 février 2020
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Oliver Twist : La critique du film

L'infortune des uns fait la fortune des autres...

Vous vous demandez sûrement quel est le rapport entre ce proverbe, fondé sur le même principe que « le malheur des uns fait le bonheur des autres », et le "Oliver Twist" de Roman Polanski ? Ne vous inquiétez pas, vous allez vite comprendre... Voilà au moins dix bonnes raisons de foncer tête baissée dans les salles obscures voir le dernier film de Polanski (à la limite pas besoin de savoir quel est le titre vu que c'est Roman Polanski, une valeur sûre, qui est aux commandes) :

- C'est sa femme qui l'a poussé à adapter ce célèbre roman de la littérature signé Charles Dickens. Et comme « ce que femme veut, Dieu le veut », Roman Polanski s'est laissé convaincre. Une belle preuve que c'est un homme qui prend en compte l'avis de sa femme, non ?

- Il a décidé de porter à l'écran "Oliver Twist" spécialement pour ses enfants et plus généralement pour tous les enfants de ce monde. Et je dirai que le pari est gagné : ils vont vraisemblablement s'endormir devant !

- Le réalisateur fait preuve d'une belle fidélité dans la reconstitution de l'Angleterre victorienne et de respect vis à vis de l'oeuvre initiale. Les décors, à eux seuls, ont englouti des sommes faramineuses (qui nourriraient bien des orphelins soit dit en passant). N'est-ce donc pas exceptionnel de se voir offrir pour la modique somme de 7 euros une visite guidée dans le Londres de l'époque ? En plus, comme Roman Polanski prend bien le temps de dérouler l'intrigue, ça nous permet de nous laisser subjuguer par le caractère grandiose des décors.

- Bien maîtrisés, les rouages de la mise en scène (académisme brillant, classicisme clinquant, formalisme ambiant, alternance de plans fixes bien appuyés et de plans filmés à plat) permettent au spectateur d'entendre le ron-ron régulier de cette machine filmique parfaitement huilée.

- L'interprétation flirte avec le grotesque rabelaisien, ce qui nous permet de réviser une notion classique. Qui plus est, le doublage des voix en français est visible, ce qui nous permet de comprendre à quoi sert un doublage de voix.

- Le réalisateur fait aussi dans le recyclage d'images (le corbeau sur une branche qui laisse augurer du pire) qui donne ainsi au spectateur le sentiment d'être intelligent en percevant les références culturelles, ainsi que dans l'arrêt sur image : on peut difficilement passer à côté de la signification du gibet de potence et de la lune qui se trouve dans son prolongement !

- Parce qu'il a un côté grossièrement burlesque, "Oliver Twist" ne fait pas peur. Aussi, si les enfants mettent leurs mains devant leurs yeux lors des moments de violence qui viennent rompre la monotonie du film, "Oliver Twist"  ne devrait pas les empêcher de trouver le sommeil !

Stop ! J'arrête là car mon nez s'allonge à force d'hypocrisie. "Oliver Twist" a beau avoir été réalisé par Monsieur Roman Polanski, pour qui j'ai le plus grand respect, je ne peux davantage faire preuve de mauvaise foi et fermer les yeux sur les défauts de fabrication de son dernier film.

Soyons clair, quitte à m'attirer les foudres des critiques qui ont encensé le film, je n'ai aucune bonne raison de vous encourager à aller voir cet "Oliver Twist", à part le fait que c'est la démonstration qu'un nom bankable (celui de Polanski) suffit à faire recette tant dans l'esprit des critiques, que dans le nombre d'entrées et le tiroir-caisse. C'est aussi la preuve que la notion de temps varie selon les circonstances : les 2H05 que dure le film valent bien une éternité ! 

Auteure :Nathalie Debavelaere
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