18 janvier 2020
Critiques

On a marché sur Bangkok : On a marché dans la merde !

Voilà bien longtemps déjà que le duo formé par Kad Merad et Olivier Baroux s'illustre dans les salles obscures. De "Mais qui a tué Pamela Rose ?" en passant par "Safari", et la suite de "Pamela Rose", les deux compères sont parvenus à installer un type de comédie hyper-référencée et souvent bien barrée pour le plus grand plaisir du public, mais rarement pour le mien ! J'ai toujours eu beaucoup de mal à m'esclaffer face aux pitreries du duo tout en leur reconnaissant d'éminentes qualités artistiques.

Aussi, et pour faire plaisir à des intimes, j'ai donc sacrifié à la découverte de "On a marché sur Bangkok" tout en sachant que, par avance, je finirai pas penser beaucoup de mal de ce film. Immense perversité de ma part, pensez-vous ? Possible…

Cela fait belle lurette que l'industrie du cinéma comique à la française tente désespérément de se renouveler par quelques prises de risque et un minimum d'originalité (reconnaissons à Dany Boon, à ce sujet, qu'il s'était plutôt bien débrouillé avec "Supercondriaque"), tant et si bien que, parfois, on peut découvrir une petite pépite qui vous fera enfin tordre de rire. Las ! Ce n'est pas le cas ici.

Dans un style rappelant cette fois le cinéma de Francis Véber (période "La Chèvre" plutôt que celle de "Tais-toi !" et de "La Doublure"), en proposant des scènes d'action et des courses-poursuites plutôt bien mises en images, Olivier Baroux essaie, tant bien que mal, de reprendre des codes qui ont fait leur preuve pour son nouveau film, mais, malgré l'abattage de Kad Merad (dont on a quand même l'impression qu'il nous ressert la même prestation que dans "RTT"), malgré la plastique d'Alice Taglioni, rien n'y fait, et on demeure de marbre face à leurs pérégrinations supposées comiques.

Petit film sans intérêt sans pour autant être une purge, "On a marché sur Bangkok" illustre toute l'impuissance actuelle de notre cinéma national à mettre en scène des comédies dignes de ce nom.

Il apparaît donc urgent pour les décideurs et autres artistes nationaux de redéfinir le comique dans ses ambitions. Peut être que de regarder du côté de Blake Edwards et de Peter Sellers leur ferait le plus grand bien ? Peut être d'admettre aussi que le temps des recettes trop faciles, agrémentées d'une promotion envahissante pour ne pas dire assourdissante, est bien mort ? Sûrement !

 

Auteur :Christophe Dordain
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