Critiques

On voulait tout casser : Et on n’a pas réussi…

Ah, quoi de plus beau que l'amitié ? Après l'amour, c'est un des sentiments les plus chers dans les petits cœurs de nos amis réalisateurs. Jeune ou moins jeune, au masculin, féminin ou mixte, la bande de potes ne cesse de s'exporter sur nos grands écrans. À ce jeu-là, on voulait tout casser ne casse finalement pas grand-chose.
Méfiez-vous comme moi du synopsis vendu par les chargés de com. À sa lecture, on s'attend à voir un énième film sur les derniers jours d'un condamné, sa belle bande de potes à ses côtés. QUE NENNI ?! Le film se fiche totalement du sort du personnage de Kad Merad alias « Kiki », si bien que la révélation de sa mort proche arrive une demi-heure avant la fin du métrage ! Jusqu'alors, vous serez dans l'obligation de supporter les récits chassés de ses amis. Et quels amis…

Des profils vus et revus : l'homme qui retrouve une jeunesse perdue dans les bras d'une femme plus jeune, un autre écumant les sites de rencontre, etc. Des stéréotypes à peine étoffés qui peine à convaincre. Le tout dans une ambiance… de beaufs. Car il faut bien appeler un chat un chat. Pas un personnage n'arrive à faire oublier la ringardise d'un autre. Quoi que je délivrerais bien la palme d'or à Benoît Magimel qui, pour l'occasion, tente un look de playboy des plus vulgaires, même si Vincent Moscato, aussi bon acteur que moi chanteuse lyrique, le talonne de très près… Leurs diverses relations manquent clairement d'élégance. Tout est grossier, explicite. Les regards appuyés, les clins d'œil incessants, les tapes bien viriles dans le dos, et que dire des chamailleries dignes d'enfants de six ans ? Et comment ne pas évoquer les surnoms débiles, régressifs, pas un instant crédibles ? Joueur une scène axée pathos avec un personnage surnommé Kiki, vraiment !

Que l'on s'acharne à mettre en avant les vies respectives de cette bande d'amis tous ou presque dégarnis, soit. Mais si au moins elles étaient intéressantes, ce qui n'est absolument pas le cas. Voir un personnage, en pleine crise de la quarantaine, se battre avec ses stores automatiques fera peut-être sourire cinq secondes. Pas un quart d'heure… Bon, l'aspect comédie ne semble pas de la partie. Mais qu'en est-il de l'aspect drame ? Là où Guillaume Canet arrivait à transmettre de réelles émotions à travers ses acteurs et simples tranches de vie dans "Les Petits Mouchoirs", Philippe Guillard, ancien rugbyman, semble avoir réalisé son film avec un casque et des gants. Nous lui devons pourtant de sublimes œuvres telles "Disco" et "Camping" dont il a signées les scénarios ! (J'espère que vous saisirez ici l'ironie...). Quant à Kad Merad, jamais je ne l'avais vu aussi malmené. La justesse semble lui faire défaut et la musique de fond, larmoyante à souhait, ne l'aide en aucun cas.

C'est une contagion. Après "Nos Femmes" ou encore "Entre Amis", les mauvaises comédies françaises rendant gloire à l'amitié prolifèrent comme des lapins en été. Gardez vos sous pour un vrai bon moment entre potes, c'est un conseil… D'amie.
Auteur :Melissa Chevreuil
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