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OSS 117: Le Caire, nid d’espions : Critique

Sortant dans la foulée des « hilarantes » comédies françaises qui ont inondé nos écrans depuis quelques mois (entre autres "Le Cactus", "Les Bronzés 3" et autres youneries toutes plus tristes les unes que les autres), il n'y avait, à la base du projet, pas grand-chose à attendre de cet "OSS 117" avec Brice de Nice enfilant le costume de notre Hubert Bonisseur de la Bath national. C'est donc sans grand espoir et avec un certain sens du sacrifice que je me suis rendu à la projection du film. Et qu'ai-je découvert ? Tout simplement une des meilleures comédies françaises vues depuis un bon bout de temps ! Vous raconter l'histoire ne servirait pas à grand-chose puisque autant vous dire tout de suite qu'on s'en contrefiche complètement. Réside d'ailleurs sans doute là une des premières qualités du film. En effet, les auteurs du film ont fait le choix, plutôt intelligent, de la comédie.

Réadapter de nouvelles aventures d'OSS 117 dans un film d'action n'aurait sans doute pas permis au film de soutenir la comparaison en terme d'action avec les moyens dont dispose la franchise des « James Bond ». Le parti pris a donc été celui de la comédie loufoque au risque d'entendre les gardiens du patrimoine cinématographique hexagonal et admirateurs de la série originelle crier au blasphème. Néanmoins, pour que le pari soit véritablement gagné, encore fallut-il que le film soit drôle. Sur ce point, ce que je peux vous dire, c'est que Hubert Bonisseur de la Bath est à James Bond ce que le steak frites est à la cuisine d'Alain Ducasse : si ce n'est pas toujours très recherché, vous allez quand même vous régaler.

La recette pour faire un bon steak frites est ici assez simple : il vous faut tout d'abord un bon steak de 80kg environ, à savoir, dans le cas présent, un Jean Dujardin au meilleur de sa forme. S'il y a une chose qu'avait au moins permis d'entr'apercevoir "Brice de Nice" c'était son indubitable potentiel comique. Le problème résidait surtout dans le vide abyssal du scénario. Nous avions donc affaire à un film qui faisait sourire, peut-être même parfois rire pendant 10 minutes, mais qui par la suite laissait poindre l'ennui avec ses gros sabots.

Ce potentiel comique est ici idéalement employé. Ne craignant jamais l'autodérision, il grossit les traits de son personnage jusqu'à l'absurde. Autant vous dire qu'il crève véritablement l'écran et que, malheureusement, le revers de la médaille est sans doute qu'il éclipse la plupart des autres personnages du film, à commencer par les deux rôles féminins tenus par les agréables, mais trop transparentes, Bérénice Béjo et Aure Atika. Toutefois, je peux vous assurer qu'après la projection, mis à part Jean Dujardin, vous ne serez pas prêt d'oublier un autre personnage : le gérant de poulailler belge tenu par François Damiens, star du petit écran en Belgique et qui n'attend  plus qu'à le devenir également de par chez nous.

L'autre ingrédient indispensable pour réussir ce fameux steak frites, c'est évidemment les frites, à savoir des dialogues percutants au possible qui servent et mettent d'autant plus en évidence la performance de Dujardin. Ils ont été écrits par Michel Hazanavicius, le réalisateur, et Jean-François Halin ex-auteur des Guignols et déjà responsable des dialogues des trois films de Timsit dont ceux, plutôt réussis, de "Quasimodo d'El Paris". Il n'est pas difficile d'imaginer qu'un bon nombre d'entre eux risquent de passer sous peu au panthéon de la Réplique Culte. Par ailleurs, Hazanavicius et Halin ont fréquemment recours au comique de situation, très à la mode en ce moment, mais rarement aussi bien traité qu'ici.

Parmi les innombrables soupes à la grimaces et autres veloutés de navets, "OSS 117, le Caire nid d'espion" vous propose de déguster un steak frites mémorable. Certes, ce n'est pas de la cuisine très fine, mais c'est quand même vachement bon. Lorsque l'on sait qu'en cas de succès, une suite aux aventures d'Hubert Bonisseur de la Bath est prévue dans la foulée, il ne me reste plus qu'à vous inciter à découvrir à tout prix cet "OSS 117" et à crier tous en chœur avec moi :   Vive le président René Coty et vive la France !

Auteur :Loïc GourletTous nos contenus sur "OSS 117, Le Caire nid d'espions" Toutes les critiques de "Loïc Gourlet"

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