29 novembre 2020
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Otage : Impeccable !

Quelques mois seulement après le remake d'"Assaut" par Jean François Richet c'est au tour de Florent Siri, le réalisateur de l'intriguant "Nid de guêpes", de se coller à un film d'action américain avec explosions, cascades et gros méchants. Il est d'ailleurs intéressant de noter que les deux métrages ont d'étranges points communs puisqu'ils partent quasiment d'une même idée : après une opération catastrophique, deux flics (Ethan Hawke pour "Assaut" / Bruce Willis pour "Otage") considérés jusque là comme des références dans leur domaine se retirent des hautes responsabilités pour fuir un passé traumatisant. Mais une situation de crise exceptionnelle va les confronter à des épreuves terrifiantes où ils devront transcender leur peur. A priori, rien de génial sur le papier. Seulement voilà, à l'écran, "Otage" est une belle réussite. Explications. 

Dès les premiers plans et un générique absolument sublime, on sent que Siri n'a pas envie de voler l'argent du spectateur : photo impeccable, cadrages impressionnants, plans virtuoses se conjuguent dans une scène d'intro apocalyptique où le réalisateur remet les pendules à l'heure. Dans "Otage", les balles font mal, le héros perd, les enfants meurent, les opérations de sauvetage foirent. A l'heure où les blockbusters US sont de plus en plus aseptisés, le réveil est presque trop violent et c'est avec appréhension que l'on attend la suite craignant que le film rentre bien vite dans le rang. Certes, l'intrigue obéit à des schémas éprouvés bien que ménageant quelques petites surprises. Le trauma du héros prend beaucoup de place mais n'envahit jamais l'action de façon outrancière. Il faut dire que Willis est d'une rare justesse dans un rôle plutôt casse gueule car riche en clichés potentiels. Pourtant, l'équilibre n'est jamais rompu contribuant à faire d'Otage une œuvre sèche et âpre. 

Bien sur, on entend venir de loin la complainte des septiques qui mettront mieux que quiconque en évidence des ficelles trop grosses ou de petites incohérences dans une intrigue par ailleurs solidement charpentée. Puisant son inspiration dans le récent "Panic Room" ou encore le premier "Die Hard" pour l'emploi répété des conduits de climatisation, Siri fait monter la tension deux heures durant grâce à une mise en scène tout simplement magistrale (il n'en est qu'à son troisième film le bougre). En scope avec des plans d'une maîtrise impressionnante, le réalisateur laisse s'exprimer des seconds rôles impeccables –dont Ben Foster, effrayant en ado psychotique- dans des situations sans cesse plus tendues et violentes jusqu'à un double climax scotchant. 

Il est donc impératif d'oublier la mauvaise réputation d'"Otage", film étonnant et jouissif, pour ne pas prendre le risque de passer à côté. Ce serait vraiment dommage tant le nouveau long métrage de Siri affiche des qualités évidentes qui en font un blockbuster plus que recommandable. Il confirme sans aucun doute que le réalisateur français est un homme à suivre.  
Auteur :Frédérick Lanoy
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