13 novembre 2019
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Panic Room : Les nerfs à vif

Dans le genre exigeant du huis clos oppressant, ici une mère et sa fille enfermées dans une pièce assiégée par trois malfrats, Panic room est un vrai petit bijou. Un exercice de style terriblement efficace en même temps qu'une impressionnante mécanique à terroriser où les nerfs du spectateur sont soumis à rude épreuve. Un film éprouvant mais jubilatoire d'ores et déjà associé aux plus belles réussites du genre.  

Sans préambule inutile ni scènes d'habillage, David Fincher emmène très vite le spectateur au coeur de l'intrigue. Rapidement mais sans précipitation, il plante le décor (un gigantesque appartement au milieu de Manhattan doté d'une "panic room", une chambre de survie digne de Fort Knox) et esquisse les premiers traits de ses deux personnages principaux (tout juste divorcée, Meg Altman et sa fille Sarah passent leur première nuit dans cette nouvelle demeure). Une habile concision cinématographique qui doit beaucoup à l'excellent scénario de David Koepp, collaborateur des récentes réussites de Brian de Palma comme L'Impasse ou Mission impossible.

Le scénariste a imaginé ici un stupéfiant crescendo dramatique où l'intensité saisit le spectateur et le lâche, exangue, après deux heures de suspense millimétré. David Koepp alterne avec habileté temps forts et scènes de transition, action haletante et pause régénérante, tandis que le montage de James Haygood respecte cette fluidité du récit. Un scénario intelligent parsemé d'indices apparemment anodins qui se révèlent essentiels dans la construction dramaturgique et, surtout, truffé d'astuces ingénieuses et de rebondissements imprévus, voire de retournements de situation, dont on se gardera bien d'en dévoiler la teneur. Pour couronner le tout, les personnages sont tout sauf monocordes et, sans verser dans une psychologie fumeuse, s'affirment beaucoup plus contrastés qu'on ne les imaginait de prime abord. Une crédibilité transcendée par les impressionnantes compositions de Jodie Foster et Forest Whitaker, voire même de la prometteuse Kristen Stewart.

La mise en scène de David Fincher elle épouse subtilement les variations scénaristiques et ralentit (la visite impromptue des flics) ou accélère son film avec un sens consommé du rythme. Au service de l'histoire, il ne se prive pas pour autant de mouvements de caméra virtuoses comme ce somptueux plan-séquence qui démarre au pied du lit de l'héroïne endormie pour s'achever dans le trou de serrure de la porte par laquelle veulent pénétrer les cambrioleurs. Si l'on ajoute à ces qualités, la partition musicale intense d'Howard Shore, le lecteur aura compris qu'il tient là l'un des thrillers de l'année, angoissant, suffocant et redoutable. 

Auteur :Patrick Beaumont
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