27 juillet 2021
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Paperboy : Bienvenue à Cougar Town !

C'est dans la Floride des années 60 que Lee Daniels a choisi de planter son nouveau film : "Paperboy". Si le nom de ce réalisateur ne vous évoque rien, celui de son précédent film aura sans doute plus de chance.

Souvenez-vous de "Precious", en 2009, sa deuxième réalisation, qui permet au cinéaste afro-américain de devenir un réalisateur reconnu du cinéma américain indépendant. Le film, véritable outsider, reçoit pas moins de six nominations aux Oscars. Il reçut au final deux statuettes, dont celle du Meilleur Scénario adapté. Pas question donc de changé une bonne recette et il n'est donc pas étonnant de retrouver une nouvelle adaptation littéraire, celle de Pete Dexter pour thriller "Paperboy". Un film qui a reçu huit nominations et s'est même retrouvé en lice pour la Palme d'Or au dernier Festival de Cannes.

Voilà un film qui lui permet d'affirmer une fois de plus son appartenance à la communauté afro-américaine en traitant de la question du racisme dans l'Amérique conservatrice des années 1960. Pour autant, ce n'est ici que le contexte dans lequel va s'inscrire le retour d'un journaliste du Miami Times, Ward Jansen (Matthew McCaunoghey), dans sa ville natale pour enquêter sur l'affaire d'un détenu condamné à mort (John Cusack) à la demande de Charlotte (Nicole Kidman).

Convaincu de trouver là une histoire palpitante, il va s'adjoindre les services de son petit frère Jack (Zac Efron) et de Yardley (David Oyelowo), un collègue afro-américain. Le personnage central va vite devenir l'adolescent Jack qui va « entamer un processus initiatique et plonger dans les ténèbres pour se battre contre les gens qui l'entourent et surtout contre lui-même » si on en croit Mister McCaunoghey himself. Et la principale raison de cette introspection forcée de son cadet possède une chevelure blonde et un sacré sex-appeal. En vérité l'histoire palpitante c'est elle et dans tous les sens du terme.

Il s'agit bien sûr du personnage de Charlotte ou plutôt de Nicole Kidman qui incarne une femme trash et nymphomane complètement déjantée, mais sensuelle. Un rôle très cru avec des scènes dangereuses et qui permet à l'actrice de sortir de ses sentiers battus. C'est à elle seule qu'on doit l'avertissement au public et l'interdiction aux enfants de moins de 12 ans. On sent clairement que le réalisateur a fait "Paperboy" autour de son personnage et de celui de Jack. C'est leur relation qui est au centre du scénario contrairement à ce que l'on pourrait croire au départ. Car ce thriller ne traite que de l'affaire du condamné à mort que pour mieux déstabiliser, rendre plus malsaine, la relation entre le jeune homme et sa cougar. Les éléments du thriller sont au final peu nombreux, car s'il y a bien une interrogation sur le futur de charlotte une fois son prisonnier sortit, on a du mal à qualifier cela de suspens ou de tension. Ce qui ressort le plus de ce film, finalement, c'est la moiteur de son environnement.

Après près de deux heures, le spectateur pourra sans doute se demander si le réalisateur n'est pas passé à côté d'une intrigue plus prenante, plus intense. Car les ouvertures ne manquent pas, mais ne semblent jamais exploitées au profit d'un flou constant. Par exemple l'évocation de l'homosexualité du journaliste associé à des jeux malsains ou bien encore aux méthodes de travail douteuses du collègue afro-américain. Le regret que laisse ce "Paperboy", c'est qu'il semble évident qu'il y avait de quoi faire un bon polar trouble, ambigu pervers et inquiétant. À la sortie de la salle pourtant si on peut ressentir un très léger malaise, il se dissipe très rapidement et on passe vite à autre chose.

Auteur :François Bour
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