15 septembre 2019
Critiques

Parasite : Home-invasion palmé en Or

Critique du film Parasite

par Victor Van de Kadsye


Reparti bredouille en 2017 avec "Okja", arrivant en pleine polémique Netflix, Bong Joon-ho a pourtant hacké la Croisette en livrant avec "Parasite", l'un des films les plus remarqués de la Croisette.

Acclamation du public, de la critique et du Jury présidé par Alejandro Gonzalez Innaritu, le film a ni plus ni moins que remporté la prestigieuse Palme d'Or des mains de Catherine Deneuve.

Consécration ultime pour un réalisateur renommé à l'international, qui va être vu par conséquent par un large public. Mais en fait, qu'est-ce que cela vaut ? Croyez-nous, cette lutte des classes survoltée est inoubliable à voir !



Il va être difficile de révéler des éléments du scénario de "Parasite". Déjà, parce que le réalisateur l'a demandé aux journalistes lors de la présentation du film à Cannes, mais aussi, et surtout, car la sensation vécue devant cette histoire mérite d'être partagée par tout le monde et de conserver ses surprises.

Cela amène au premier point révélant le brio du réalisateur : sa maîtrise de l'écriture. En observant ces deux familles de classes différentes, l'auteur brouille nos angles de moralité, mais réussit à tenir son propos durant deux heures.

Parce que l'on sort énervé de "Parasite". Jamais une critique sociale n'aura parue aussi révoltante dans ce qu'elle dénonce. L'infiltration, par la ruse, d'une famille pauvre au sein d'une demeure bourgeoise révèle minutieusement les modes de vies de ces deux familles.

C'est un trait commun à chacun de ses films, mais "Parasite" l'appuie encore plus. Grotesque et documentation sont les mots d'ordres pour prendre au sérieux ses histoires et ainsi comprendre la rage qui enveloppe le cinéaste.

Personne n'est épargné et chaque personnage peut tomber dans la situation la plus cocasse comme celle la plus violente à tout instant. Père débrouillard comme il peut, le personnage principal (joué par la star Song Kang-ho) est à ce titre remarquable.

Cette écriture soignée, allant droit à l'essentiel, s'accompagne d'une mise-en-scène redoutable qui bascule dans chaque genre potentiel du cinéma. Un moindre travelling peut nous faire basculer du drame social à l'angoisse absolue du cinéma d'épouvante.

On pense notamment à l'influence majeure de son cinéma, "La Servante" de Kim Ki-young, qui s'infiltrait avec inquiétude dans la bourgeoisie coréenne.

Mais, avant tout, "Parasite", c'est une histoire qui laisse dans l'horreur absolue. On se taira, mais certaines séquences témoignent bien d'un dialogue social irrésolu.

Avec sa Palme d'Or, "Parasite" a le mérite de parler à tout le monde pour un possible succès populaire qui serait amplement mérité ! Bong Joon-ho signe un chef d'oeuvre qui ne laissera personne indifférent.

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