2 décembre 2020
Critiques

Parents d’élèves : Résultat encourageant

Par Martin Thiebot

Après "Telle mère, telle fille", en 2017, avec Juliette Binoche et Camille Cottin, Noémie Saglio revient pour son deuxième long-métrage en tant qu’unique réalisatrice. Et si l’on ne s’arrête pas sur sa repoussante affiche, on peut aller voir "Parents d’élèves" (distribué par UGC) avec au moins la promesse de passer un bon moment.

Vincent Marguet (Vincent Dedienne) est le baby-sitter du petit Bart (Oscar Pauleau), dont la mère (Anne Charrier), qui l’élève seul, ne peut ni l’emmener ni venir le chercher à l’école. Dès la première semaine, le jeune homme accepte d’assister à une réunion de parents d’élèves, mais la situation prend un tour inattendu lorsque, sur demande de Bart, il se fait passer pour le père de ce dernier. Le jeune homme va alors s’investir de plus en plus dans la vie de l’école, dans le but inavoué de séduire Nora Portel (Camélia Jordana), la jeune institutrice.

Qu’on se le dise tout de suite, "Parents d’élèves" n’est pas un grand film — il n’en a d’ailleurs pas la prétention — mais reste une comédie familiale plutôt réussie. Les dialogues font mouche, et on rit vraiment de ces parents fantasques et de ce faux père désorienté. Au reste, Noémie Saglio a eu à cœur d’ancrer son long-métrage dans l’époque. Il est notamment appréciable de voir représentée, dans un film qui s’adresse en partie à un jeune public, une famille homoparentale. La procréation médicalement assistée (PMA), l’égalité hommes-femmes et le consentement sont autant de sujets de société abordés, certes brièvement, mais avec justesse et subtilité.

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Camélia Jordana - Copyright Stéphanie Branchu / Rectangle Productions
Vincent Dedienne, attachant en trentenaire qui refuse de grandir, porte le film sur ses épaules, notamment en refusant de tomber dans la caricature de l’éternel ado attardé. Quant à Camélia Jordana, elle confirme, après "Les Choses qu’on dit, les choses qu’on fait" d’Emmanuel Mouret, qu’elle sait varier les registres. "Parents d’élèves " ne manque pas non plus de seconds rôles intéressants, parmi lesquels Samir Guesmi, seul personnage antipathique du film, et Alix Poisson, qu’on aimerait voir plus souvent au cinéma. Noémie Saglio sait choisir et diriger ses acteurs, y compris les enfants, tous relativement convaincants, chose plutôt rare dans la comédie française.

Si le rythme rapide de la première partie de "Parents d’élèves" permet qu’on ne s’ennuie pas dans cet enchaînement de situations cocasses, on aurait néanmoins aimé que le film prenne davantage son temps dans son dernier tiers, lorsqu’il prétend nous tirer vers l’émotion. On regrettera également une mise en scène assez inégale, surprenante par moments, mais très consensuelle le reste du temps. À défaut de renouveler le genre de la comédie grand public, Noémie Saglio le dépoussière légèrement, en signant un film bienveillant et « feel good » sur la parentalité et l’éducation.
 

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