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Pas un mot : Michael le grand

Cantonné dans le genre policier, Gary Fleder est l'auteur du mélancolique Dernières heures a Denver ainsi que du Collectionneur, un thriller qui lorgnait du côté de Seven. Il se tourne cette fois vers un polar psychologique dans la lignée de La rançon, dont le scénario puise son inspiration dans un roman à suspense d'Andrew Klavan.

L'introduction s'annonce d'une manière plutôt classique : dans une atmosphère teintée de filtre bleu, une caméra très nerveuse suit le braquage d'une banque. On s'attend alors à une énième histoire de fuite avec prise d'otages à la clé mais la suite déroute en changeant complètement de cadre. Une décennie plus tard et nous voilà projetés à la veille de Thanksgiving où dans l'environnement glacial d'un hôpital psychiatrique, le docteur Nathan Conrad tente désespérément d'établir un contact avec la jeune Elisabeth Burrows (Brittany Murphy). Le lendemain, la petite fille de celui-ci est enlevée par des ravisseurs qui exigent un numéro que seul connaît l'adolescente internée.

Il faut reconnaître que Michael Douglas exploite à merveille ce registre et incarne avec le talent et la justesse qu'on lui connaît cet éminent psychiatre pris entre deux feux. Face à lui, Sean Bean (le chef des braqueurs qui ne prend pas une ride en dix ans !) endosse une fois de plus sa panoplie de tueur et finit par plagier son propre rôle de Jeux de guerre. De plus, le personnage de l'inspectrice (Jennifer Esposito) qui enquête parallèlement sur des homicides en rapport, est certes intéressant mais effleuré et surtout très mal amené. L'étau se resserre et de fil en aiguille, tous ces protagonistes se rejoignent dans un dénouement qui sombre malheureusement dans le conventionnel.

Si l'intrigue parvient à maintenir une certaine tension (l'ultimatum de sept heures) grâce à quelques rebondissements parsemés de trouvailles scénaristiques (l'énigmatique numéro), elle n'hésite pas à avoir recours aux raccourcis et à des situations incohérentes. Le réalisateur aurait pu également s'attacher à développer l'aspect psychanalytique ce qui aurait apporté un peu de consistance à son film.

Au final, Pas un mot demeure un polar divertissant qui doit beaucoup à la présence de l'impeccable Michael Douglas mais qui ne fera pas date dans sa filmographie.
Auteur :Fabien Rousseau
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