21 octobre 2019
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Paycheck avec Ben Affleck : La critique

Avec "Paycheck", John Woo adapte un roman de Philip K. Dick. Une blague ? Certes, non, car voici le résultat sur nos écrans. On est loin, très loin du Killer ou d'Une balle dans la tête. Par contre, Woo est toujours dans la mouvance de "Broken Arrow", de "Mission: Impossible II" et de "Windtalkers". Hélas...

La première chose qu'on constate dans ce navet, c'est le plagiat. On prend le début de "Minority Report" ou Anderton décortiquait un morceau de mémoire sur un écran tridimensionnel et on recommence, avec la machoire de Ben à la place de celle Tom Cruise.

Et puisque Michael Jennings est un ingénieur, pourquoi ne pas en faire un James Bond surpuissant, se sont-ils dit à la production ? Et balancer une histoire d'amour bien mielleuse, avec un méchant industriel corporatif qui veut diriger le monde ? Pendant qu'on y est, rajoutons une couche avec la belle morale : ah, qu'est-ce qu'on ferait pas pour un joli compte en banque ? C'est beau Hollywood...

Donc, malgré un scénario fini à la pelle de chantier, le seul, l'unique intérêt du film est de chercher dans les résidus du roman adapté : on prend plaisir à voir l'agent Jennings désorienté, capturé puis torturé après son "réveil". Totalement amnésique, il va devoir utiliser chaque objet dans l'enveloppe pour se sortir du petrin, ce qui fait évoluer l'intrigue.

Mais, très vite, le filon s'épuise et Affleck sort systématiquement un objet de son enveloppe pour se sortir d'une situation périlleuse. Qui plus est, l'agent Jennings ne tarde pas à reprendre le contrôle des choses. Et clac, le navet est dans la boite.

Pendant la première demi-heure, on a un petit ingénieur maladroit qui ne sait pas quoi faire; le reste du film, on a carrément le droit a un super-agent invincible qui sait parfaitement ce qu'il doit faire pour terminer la mission. Du coup, cela en devient même du mauvais plagiat.

Niveau action dans "Paycheck", John Woo privilégie la surenchère d'explosions (efficace, mais un petit bémol tout de même pour la voiture qui explose avant d'avoir heurter le tunnel...) en faisant virevolter Uma Thurman dans tous les sens, pendant que Ben nous sort son sourire estampillé "Colgate protection maximale".

Car le film a de la classe, du standing. On voit Ben en costume cravate, faisant de l'humour, Ben qui drague, qui conduit une moto, la mâchoire de Ben qui se crispe, l'émail scintillant... Ben sauveur de l'humanité ! Un navet à la gloire de Ben. Eh oui ! Ben assure, parce qu'il le vaut bien, et qu'avant cela, il y a eu "Armageddon", "Pearl Harbor", "Daredevil"...

Quant aux personnages secondaires, eh bien il n'y en a pas, ou très peu : Paul Giamatti dans le rôle du collègue et meilleur ami de l'agent, et Aaron Eckhart dans le celui du très méchant machiavélique.

Et c'est souvent le problème avec ce genre de film : quelques bonnes idées noyées dans un conglomérat abject, pur produit d'hollywood, qui finit avec la jolie dulcinée qui embrasse la jolie mâchoire.

Gloire à la machoire de Ben !

Auteur :Houmann Reissi

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