19 novembre 2019
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Pédale Dure : La critique du film

Il faudrait déployer d'intenses efforts d'imagination pour déceler dans "Pédale Dure" quoi que se soit qui pourrait lui accorder un semblant d'intérêt et je ne vous cache pas que je n'en ai pas l'intention. Qu'est-ce qui a poussé Gabriel Aghion à vouloir donner une suite indigente à "Pédale Douce" qui déjà ne brillait pas par sa finesse ? A part tenter de faire oublier le faible score de ses derniers films en surfant sur son seul succès populaire -qui soit dît en passant remonte à huit ans- je ne vois pas.

Des comédiens du premier opus, il ne reste que Michèle Laroque qui campe la seule femme du film, une femme émancipée – pensez : elle accepte de faire un enfant pour faire plaisir à ses deux copains, gays jusque là, c'est-à-dire jusqu'à la caricature. Michèle Laroque  la seule femme du film donc, il y a des fois, où, une heure trente, je vous jure, c'est long.

En évoquant le thème "vachement" dans le coup de l'adoption chez les homosexuels, le réalisateur semble persuadé d'avoir le crédit pour signer une farce caustique mais il n' a réussi qu'à faire une pantalonnade minable et vulgaire qui cache mal une homophobie sous-jacente.

La manière dont est dépeinte la communauté homosexuelle se résume ici à des follasses kitsches et friquées qui passent leur vie à se trémousser en boîte branchée sur fond de Dave et autres clichés sonores estampillés disco-gay. Les homosexuels ont de quoi se sentir insultés et il faut dire que le jeu grotesque et outrancier des comédiens (Darmon en tête) n'est pas là pour faire passer la pilule plus facilement. Probablement qu'il manque la rubrique « direction d'acteurs » dans le manuel du réalisateur de Gabriel Aghion. 

N'étant moi-même ni homo ni spectateur pontifiant, j'ai eu du mal à me remettre de "Pédale Dure" pour une autre raison : le scénario est co-écrit par Bertrand Blier et je n'en reviens toujours pas. Que vient-il donc patauger dans un tel marasme ? Cela m'échappe. Il est vrai que lui-même ne se distingue pas par son bon goût mais, au moins, son esprit provocateur est mis en forme avec plus d'élégance formelle lorsqu'il filme lui-même ses scénarios.

Ceci dît, Gabriel Aghion, avec sa caméra à l'épaule qui filme tout et n'importe quoi, a le mérite de nous rappeler ceci : chez Blier, il y a une petite musique des mots et un rythme à respecter par une mise en scène réfléchie et ça, Aghion ne semble pas le savoir.

A tout prendre, on préfèrera revoir "Tenue De Soirée" de Bertrand Blier et laisser "Pédale Dure" de Gabriel Aghion à sa place légitime : c'est-à-dire nulle part !

Auteur :Pierre Lucas
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