30 octobre 2020
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Percy Jackson : le voleur de foudre : La critique

Chris Colombus s'amuse à détourner la mythologie grecque avec "Percy Jackson" pour nous offrir un blockbuster pour jeunes de haute voltige. Impressionnant, mais inutile !

« Etre un demi-dieu c'est mortel ». Le titre de l'affiche du film en français est très clair: un jeu de mot gamin pour nous indiquer qu'un garçon comme les autres va se découvrir demi-dieu, et que justement son aventure va être mortel (sens figuré). Et en même un jeu sur la mythologie pour les plus grands. Percy Jackson est le héros typique de ce genre de film, qui se destine très rapidement aux jeunes et surtout aux ados à l'imaginaire débordant. Car avec un avertissement (néanmoins justifié) aux plus jeunes, ce film montre une certaine violence, croisée entre un style cinéma à "Narnia" ou "Harry Potter", un jeu vidéo d'action esthétisé, et une plongée virulente dans la mythologie grecque.

Le personnage de Percy Jackson (Logan Lerman) est un espèce de sosie de Zac Efron, tactique de producteur pour ramener de la gente féminine dans les salles. Lerman postule être plus qu'Efron ou que Ben Barnes et William Moseley (les héros masculins de "Narnia"). Perdu, il est totalement lamentable et n'arrive jamais à donner un brin de crédibilité à son personnage qui mélange un égo bien sur-dimensionné et une timidité si attendrissante.

Pierce Brosnan s'invite en professeur-dieu, loin du niveau de sa filmographie. Uma Thurman en Méduse très flippante (peut-être le seul moment qui accroche son spectateur). Steeve Coogan se retrouve en Hadès, le Dieu des Enfers, déguisé en « Mick Jagger » (pas moins qui l'ait dit) à moitié efféminé. Brandon T. Jackson se la joue satyre protecteur prétentieux, loin d'être mythologique justement. Enfin Rosario Dawson joue une Perséphone croqueuse d'homme.

Mais de qui se moque t-il ? Le film de Chris Colombus ne sait même plus se situer. Est-il réellement sérieux, avec un message (une morale totalement absente au final, contrairement aux autres films de ce genre qui ont un minimum de réflexion) dans son fond. Il est incontestable que sur la forme, il a les qualités du classique : des décors flamboyants et des effets spéciaux à couper le souffle. Sauf que tout cela ne suffit pas à avoir un bon film, car on sait que dans ce genre, ces deux qualités sont déjà à la base de la construction d'un film.

Et le film s'enfonce lentement dans la franche rigolade. Après une petite dédicace gentille à AC/DC avec Highway to Hell (qui commence à faire penser que le film déconne sérieusement, mais pourquoi pas, on sourit), on s'enfonce dans le ridicule où le moderne (un Ipod Touch) côtoie le mythologique. Et avec les cartes des beaux endroits américains, de Nashville à Las Vegas. Et c'est dans ce dernier que le film dérage totalement (s'il n'avait pas dérapé avant pour les plus patients), démonstration : alors qu'ils débarquent dans un casino, la scène part dans un délire hallucinatoire, sous les sons de Lady Gaga et Ke$ha. La blague !

Dans le fond, il n'y a rien à tirer de "Percy Jackson", mélangeant sans succès le monde moderne à une mythologie honteusement massacrée pour le bien des plus jeunes qui pourraient adorer le rythme du film et sa forme convaincante. La Fox a offert un film à sensation forte qui ne vaut même pas le détour. Une phrase pour finir, lorsque le satyre s'adresse au passeur des Enfers qui brûle des billets (170$ en tout) et celui-ci lui sort: « Il brûle mon argent en pleine récession ». Une pointe d'humour pour nous signaler qu'en pleine récession, ce n'est sûrement dans "Percy Jackson" qu'il faut faire craquer son portefeuille.

Auteur :Christopher Ramoné
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