21 octobre 2020
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Playoff : Critique n° 1

Petit à petit le réalisateur Eran Riklis, l'auteur de cette délicate ode à la tolérance que fut « les citronniers», construit une filmographie digne des plus grands. Après ce voyage en Roumanie sur les traces d'une des humbles petites mains de la société israélienne, « le voyage du directeur des ressources humaines», il revient en Europe sur les pas d'un personnage emblématique, Ralph Klein.

Coach adulé dans son pays pour avoir porté le Maccabi Tel Aviv aux sommets du basket continental, il avait surpris tout son monde en prenant la tête de la sélection allemande, sa patrie d'origine. En effet en 1982, les plaies de la Shoah étaient encore à vif dans le peuple hébreu et sa décision suscita la polémique.

S'emparant de cette histoire, tout en prenant des distances avec la réalité historique (le personnage principal est par exemple rebaptisé Max Stoller), Eran Riklis nous offre un grand film sur le poids du passé et la gestion de ses démons personnels. Danny Huston, le fils de John l'immense réalisateur du «faucon maltais» et de « l'homme qui voulait être roi », campe un personnage complexe.

Derrière le grand entraîneur et l'homme d'expérience percent l'enfant inconsolable. Autour de lui gravitent Amira Casar, d'une justesse absolue, mère turque à la recherche de son mari disparue et le capitaine de l'équipe, joué par Max Riemelt, meurtri par la perte de son père. Le tout est d'une grande subtilité, émaillé de scènes d'anthologie (le voyage au bord du lac, le retour à la maison familiale) et porte en son sein une belle leçon de vie. Quant aux révélations finales elles vous feront frissonner, soyez-en sûr.

Ne passez, sous aucun prétexte à côté de ce beau moment d'humanité.
Auteur :Régis Dulas
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