7 décembre 2021
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Podium : Le chanteur malheureux

Ce n'est évidemment pas le film de l'année mais avec "Podium" (distribué par Mars Films), Yann Moix, écrivain et critique qui ne mâche pas ses mots, s'en sort plutôt bien. Une comédie populaire qui s'en va pourtant et qui ne revient pas dans nos souvenirs ! Bernard Frédéric, cadre bancaire habitant dans une maison témoin, reçoit pendant la nuit, un coup de fil post-mortem de Claude François : «le téléphone pleure» son retrait de sosie pour une vie bien rangée, alors qu'en «Claude François», il était parfait.

Point de départ plutôt réussi d'une comédie qui «comme d'habitude» étaye des ingrédients efficaces, et qui ont le mérite de ne pas être forcés. En effet, il aurait été assez logique de tomber dans la caricature du sosie qui a une vie routinière, frustrante et peu épanouissante, mais le réalisateur a su retourner la situation en une analyse presque fine et psychologique. C'est du moins, avec du recul, ce que nous nous sommes dit ! La mise en scène dynamique permet aussi d'apporter un peu de fraîcheur aux mélodies éculées d'un chanteur populaire !

Si l'intention n'est pas de porter de jugement sur les êtres qui ont la faiblesse de vouloir ressembler à leurs idoles, le propos n'en reste pas moins caustique et par conséquent appréciable. Jean-Paul Rouve, alias Couscous, qui s'est recyclé en Michel Polnareff, nous donne l'impression d'un imbécile heureux, même s'il ne faut pas prendre son personnage comme tel, mais plutôt comme la représentation d'un clin d'œil à l'égard de l'icône atypique des années 70.

Mais évidemment, la palme du meilleur rôle de composition revient à Benoît Poelvoorde qui a «subi» un entraînement intensif pendant trois mois en chant et danse, et qui mérite donc un parterre d'éloges. Même s'il faut lui reconnaître un talent monstrueux, quel que soit le film, sans doute est-ce son meilleur rôle, dans une filmographie déjà riche. Son jeu est juste, ses expressions succulentes et son enthousiasme communicatif dans "Podium". Autrement dit «y a le printemps qui chante», sauf pour Véro, sa femme, excellente Julie Depardieu, éprise de Julien Clerc, mais qui, délaissée par la passion de son mari, préfère s'en aller.

Enfin, heureusement, dans toutes les comédies «c'est la même chanson», et quand Bernard lui déclare sa flamme en lui proposant de «laisser une chance à notre amour», alors la «belle, belle, belle» revient. «A part ça, la vie est belle», comme «un lundi au soleil», mais soudain «il ne reste qu'une chanson» de ce film : « c'est de l'eau, c'est du vent !»  

Auteure : Laetitia Parent
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