25 octobre 2020
Critiques

Poly : Pour enfants, petits et grands

Par Sashah Hillairet

Après "Donne-moi des ailes", Nicolas Vanier réalise un nouveau film dans lequel ses personnages sont entourés d’animaux. Cette fois-ci, il adapte le roman de Cécile Aubry, Poly, dont l'adaptation au grand écran est distribuée par SND, qu’il parsème de certaines de ses expériences personnelles.

Cécile est une fillette de 10 ans, contrainte de déménager dans le sud de la France avec sa mère, après le divorce de ses parents. Surnommée « la Parisienne » par ses pairs, Cécile n’arrive pas à faire sa place parmi les enfants du village. Elle fait une horrible découverte en assistant au spectacle du cirque de la commune ; Poly, le poney vedette, est maltraitée et battue par son directeur, Brancarlou (Patrick Timsit). Cécile va alors tout mettre en œuvre pour sauver et protéger Poly, son nouvel ami. Tous deux s’embarquent dans une aventure aussi périlleuse que merveilleuse…

Un film familial et militant

Dans "Poly", le spectateur peut assister à la relation qu’un être humain peut créer avec un animal, et plus particulièrement un équidé. Cécile se retrouve et se projette en Poly, car tous deux sont marginalisés. En effet, Poly n’est pas chéri dans le cirque où il réside, de même que Cécile, arrivée dans un village où elle se retrouve sans amis avec une mère qui ne cesse de la laisser seule pour partir travailler.

Notons que ce film aborde l’émancipation des femmes à travers le personnage de Louise (Julie Gayet), mère de Cécile. Étant infirmière et fraîchement divorcée, ce qui est rare et mal vu dans les années soixante, Louise est une femme libre qui apprend même à conduire à une de ses amies du village. Le temps d’un instant, on croit se retrouver dans l’univers de Marcel Pagnol grâce à certaines expressions du sud de la France, mais aussi avec les costumes nous rappelant la trilogie marseillaise du célèbre réalisateur provençal.

Nicolas Vanier sensibilise les enfants de manière émouvante et très fine plusieurs fois à propos de la consommation de viande dans plusieurs scènes très poétiques. Si l’on connaît bien les chevaux, certains moments du film peuvent paraître parfois improbables, mais ils nous montrent, néanmoins, la relation spéciale qui peut exister entre un enfant et un animal.

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François Cluzet et Julie Gayet - Copyright SND
Rencontre avec Nicolas Vanier

Au-delà du livre de Cécile Aubry, Nicolas Vanier s’est inspiré de sa propre relation avec Punky, un quarter horse avec lequel il a vécu pendant une année entière. Par ailleurs, il a été difficile pour toute l’équipe de tourner pendant trois mois sous un soleil de plomb où la température s’élevait parfois à 46 degrés à l’ombre.

De surcroît, réaliser un film avec des animaux est quelque chose de magnifique pour Nicolas Vanier, mais c’est aussi très difficile selon lui. « On cherche à provoquer chez Poly des actions qui sont compliquées et on utilise le jeu pour cela ; c’est passionnant. C’est un mille-feuille de difficultés que de jouer avec des enfants et des animaux ». C’est pour cela qu’il a fallu environ huit mois de préparation au poney incarnant Poly afin de lui enseigner les actions nécessaires au film.

Qui plus est, tout au long de ses tournages, Nicolas Vanier nous a confié qu’il était profondément ému de voir ce que les animaux pouvaient apporter aux enfants comme aux adultes en général, car les animaux sont de véritables éponges à émotions. Avant de partir, il nous livre un dernier message important : « Je crois que nous n’avons plus le droit de laisser les animaux dans les cirques. […] Je suis pour une consommation raisonnable de viande ».

"Poly"  est un film touchant convenant à tous les âges. Il permet de nous émerveiller devant la magnifique et précieuse amitié entre un poney et une fillette.

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