25 octobre 2020
Critiques

Poly : Une belle aventure

Par Jérémy Joly


Comme le montre si bien sa filmographie, Nicolas Vanier est un amoureux de la nature et des animaux : "Le Dernier Trappeur", "Loup", "L’Odyssée sauvage", "L'École buissonnière" ou encore plus récemment "Donne-moi des ailes". Passant progressivement du documentaire à la fiction, il n'a jamais cessé de nous surprendre sur la beauté à préserver de notre planète. En 2013, il réalise l'adaptation cinématographique de la série télévisée et du roman de Cécile Aubry : "Belle et Sébastien". Ce film donnera naissance à une trilogie. Tandis que Nicolas Vanier passe le flambeau à Christian Duguay puis à Clovis Cornillac pour la réalisation des deux suites, il revient en 2020 avec un nouveau film tiré de l’œuvre de Cécile Aubry : "Poly".


Nicolas Vanier : « "Belle et Sébastien" et "Poly" sont les deux séries de l'époque qui glorifiaient la relation de l'animal à un enfant. Ce qui m'a touché dans ces histoires, c'est la force de cette relation qui n'a pas vieilli. »

Dans les années 60, le poney nommé Poly a émerveillé toute une génération d'enfants qui suivaient ses aventures sur le petit écran ou à travers les livres. Dans le film de Nicolas Vanier, nous découvrons Cécile, une petite fille d'une dizaine d'années qui vient s'installer dans le petit village de Beaucastel dans les Cévennes en compagnie de sa mère. Elle a des difficultés à s'adapter à cette nouvelle vie. Mais un événement bouleverse son quotidien : l'arrivée d'un cirque. Parmi les animaux, Poly le poney est maltraité par le directeur. Décidant de le sauver coûte que coûte, elle va vivre une grande aventure.

Nicolas Vanier : « Comme pour "Belle et Sébastien", ce que je voulais, c'était conserver l'ADN qui constituait la série. Puiser dans mes souvenirs et dans la force de mes souvenirs me paraissait le plus important. »

Nicolas Vanier a ce don de nous émerveiller face aux paysages de nos campagnes. Il réussirait presque à convaincre un citadin pur et dur de quitter la ville. Par son travail sur les documentaires, il a appris à sublimer les décors extérieurs et à filmer les animaux. Il faut retenir cette scène où Poly, après avoir passé toute sa vie dans une cage, découvre la liberté et galope dans les champs et les forêts. C'est beau, tout simplement. Les images ne sont pas truquées numériquement, tout est réel, l'authenticité est devenue si rare dans le cinéma actuel qu'il est impossible de ne pas être ébloui par ces paysages et par la photographie.

Nicolas Vanier : «J'aime filmer une certaine vérité qui exclut totalement que je fabrique des animaux en 3D, ce qui se fait pour beaucoup de films. »

Bien que l'action du film se déroule dans les années 1960, "Poly" interroge sur des questions qui sont d'actualité : la maltraitance des animaux dans les cirques ou encore notre consommation de viande. "Poly" est un film familial destiné à viser un jeune public. Les enfants seront divertis par cette aventure, qui les fera rire par moment, avec par exemple ces deux gendarmes ridiculement maladroits qui partent à la recherche de Poly, donnant un certain côté guignolesque. Puis certains messages, dissimulés dans l'histoire, leur propose une réflexion sur la relation de l'homme et de l'animal à notre époque. Cette aventure, pleine de rebondissements et de scènes d'action, leur procurera une bonne dose d'émotions.

Nicolas Vanier : « C'est toujours intéressant de passer des messages même si je n'ai pas la prétention de pouvoir changer le monde avec un film. […] Si l'occasion m'est souvent donné sur un film de pouvoir parler de ces sujets, et bien tant mieux. »

François Cluzet et Julie Gayet

"Poly" est interprété par une belle distribution. Tout d'abord Patrick Timsit, en directeur de cirque méprisable qui maltraite les animaux, est formidable. Cela fait plusieurs années que le cinéma français ne lui avait pas offert un si bon rôle. François Cluzet, toujours fabuleux, joue un personnage mystérieux qui va aider la petit fille à cacher Poly. Julie Gayet interprète une femme médecin qui élève seule son enfant. Enfin, Elisa de Lambert, dont c'est le premier rôle au cinéma, est la jeune Cécile. La musique, signée par le talentueux Éric Neveux dont le nom au générique est toujours signe de qualité, nous propose un mélange d'une bande originale qui colle parfaitement aux images et de chansons qui nous replongent dans les années 1960/1970.

Nicolas Vanier : « C'est Patrick Timsit le premier qui s'est imposé dans ce personnage de Brancalou dans le scénario. […] François Cluzet, c'était l'occasion pour nous deux de se retrouver. Après "L'école buissonnière", nous sommes devenus amis, pas simplement des professionnels. […] Julie Gayet, en plus du talent de ce qu'elle est en tant que personne, j'étais très content, féministe qu'elle est jusqu'au bout des doigts, de pouvoir la faire interpréter cette femme moderne. »

"Poly" est un film qui plaira à différentes générations, tout d'abord aux enfants qui découvriront l'univers de ce poney attachant, mais aussi aux parents et grands-parents qui replongeront avec nostalgie dans leurs souvenirs d'enfance.

Nicolas Vanier : « Cela m'a fait très plaisir de pouvoir redonner vie à ces histoires et de permettre aux parents, grands-parents de transmettre, à travers ce film, cette histoire qui a touché beaucoup de monde. »

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L'intégralité de l'interview de Nicolas Vanier

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