30 novembre 2020
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Populaire : Il l’est !

La tendance n'est pas nouvelle. Il y a eu "Mad Men", "OSS 117", et bien évidemment "The Artist". Le petit dernier opus cinématographique en mode rétro s'appelle donc "Populaire" (distribué par Mars Films), et pourrait bien créer la surprise.

C'est une jeune fille bien élevée. A qui il ne manque rien de l'essentiel. Mais qui ne rêve que d'ailleurs. Un ailleurs loin de sa province et du magasin de son père, le « bazar Pamphyle ». Rose est pleine d'ambition et d'envies. Et en 1958, il n'y a pas trente six solutions pour s'en sortir quand on est une jeune fille de la classe moyenne : Rose doit devenir secrétaire. Du coup elle s'entraîne en cachette la nuit a taper des lettres sur la machine a écrire qui trône dans la vitrine du magasin. A priori, pourtant, ça ne suffit pas pour convaincre Louis Echard, 36 ans, potentiel employeur. Un assureur de province, autant attaché au bien être de ses clients qu'à ses primes, qu'on lui paye d'ailleurs plus souvent en nature qu'en monnaie sonnante et trébuchante. Et pourtant, la détermination de Rose va faire le reste : Louis va vite se rendre compte du potentiel qu'il a devant les yeux puisque Rose tape à la machine prodigieusement vite. Et en 1958 s'organisent des concours de dactylographie dans lesquels les patrons inscrivent leurs secrétaires, qui les font briller un peu plus. Macho ?  Certes. Mais courant à l'époque. Et puis à la plus rapide (ne nous leurrons pas, dans les années 60 il n'y a que des femmes au secrétariat) un petit prix et une petite gloire. Louis et Rose entament alors une relation entre travail et intimité. Le jeune homme étant tout autant le coach de Rose que son confident et... Son ami.

Entre ces deux là il se pourrait bien qu'il n'y ait pas que le temps du chrono qui compte peu à peu. Il y a un peu de tout dans "Populaire". Des défis, un concours, des méchants, de la fantaisie et même une histoire d'amour. Il y a un peu de tous dans Populaire. Une jeune actrice a la fraîcheur salutaire (Déborah François alias Rose), un acteur charismatique qui porte parfaitement le costume 60's (Romain Duris), mais aussi un rockeur bougon a la tête de l'emploi (Eddy Mitchell), une concurrente redoutable femme fatale (Mélanie Bernier, toujours impeccable) et même un chroniqueur qui se voudrait acteur, avec pour le coup beaucoup moins de bonheur (Nicolas Bedos). Et globalement, excepté ce dernier, "Populaire" ne souffre d'aucune fausse note, ce qui n'en fait pas une symphonie, mais plutôt un air de variété sympathique et un rien entêtant. Parfaitement scénarisé, bien que classique, il est aussi joliment mis en scène, avec une place croissante laissée au duo qui fera le bonheur des spectateurs... Et il baigne dans cette atmosphère sixties qui a fait le bonheur des "Mad Men".

En temps de crise, paraît-il, on se tourne vers le passé et son insouciance sans cesse fantasmée. Aucun doute alors, paré de tous ses atouts, "Populaire" devrait de fait attirer le public, faisant de cette plongée rose bonbon, pas désagréable, mais à l'arôme aussi fugace qu'une dragée, le prochain carton annoncé du box-office.

Auteure :Fadette Drouard
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