18 novembre 2019
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Prisonniers du temps : Honteux !

"Prisonniers du temps" ressemble à une boulette de macédoine catapultée. Comment y voir clair dans cet imbroglio infernal de batailles qui s'enchaînent avec une vélocité telle qu'on ne parvient plus à distinguer les clans qui s'affrontent ? Mais quelle frénésie s'est donc emparée de Richard Donner pour nous livrer un tel enchaînement de combats sans transition scénaristique, dont le mot d'ordre est « dégommer tout ce qui bouge » ?

Et au beau milieu de ce capharnaüm, tout sonne faux. Le scénario, en plus d'être archi-prévisible, est truffé d'invraisemblances et de péripéties rocambolesques qui n'apportent rien à l'histoire, si tant est qu'histoire il y a. Les allers et retours entre présent et passé se font aux moyens d'effets spéciaux d'une telle nullité qu'on ne sait s'il faut en rire ou en pleurer.

Les séquences dans le présent se passent en partie dans un laboratoire ambiance futuriste d'une blancheur chirurgicale, où une équipe de scientifiques mégalomanes nourrit de sombres desseins : au nom du progrès de la Science, ils n'hésitent pas à bafouer l'éthique. Un schéma qui pue le déjà-vu, joué par des acteurs tout juste bons à faire de la figuration.

Le côté futuriste est renforcé par l'espèce de Gordon "startrekisé" imbuvable, complice des scientifiques, qui est chargé d'accompagner l'équipe d'archéologues au physique tout droit sorti d'un soap-opéra sirupeux. Paul Walker, qui joue le fils du professeur archéologue disparu, avec sa gueule d'amour, aurait mieux fait de se rendre au casting des « Feux de l'amour » ou d'une pub pour les slips Dim...

Les séquences dans le passé, elles, sont faites d'affrontements sanguinaires et dans tous les sens entre deux hordes de chevaliers sauvages, l'une anglaise, l'autre française. C'est à peine fini d'un côté que ça recommence de l'autre : on se croirait dans un gigantesque paint-ball moyenâgeux ! Et l'histoire dans tout ça ? Envoyée aux oubliettes !

On n'en retrouve qu'un maigre semblant lorsque Cupidon décoche sa flèche d'amour entre la Dame Claire du Moyen-Age et André Marek, l'un des archéologues qui, du coup, décide de rester dans le passé. Une histoire d'amour en kit ! Un regard, et hop, emballé, c'est pesé, à la vie à la mort, pour l'éternité, c'est-y-pas beau tout ça ?! L'affaire a été survolée et bouclée en quelques secondes, de manière pour le moins expéditive. 

Autant vous prévenir : aucun soin n'a été apporté au fond de l'histoire; quant à la forme, ce n'est qu'une vaste fumisterie ! Et la vitesse à laquelle défilent les choses ne leurre personne sur la vacuité de ce film, pourtant adapté d'un best-seller de Michael Crichton.

Du foutage de gueule ! Il n'y a pas d'autre mot ! Indigeste voire même réchauffé lorsqu'il sortira en DVD ! 

Auteure :Nathalie Debavelaere
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